Un Prince sans couronne au Palais – CHAPITRE XV – Les correspondants étrangers

Un Prince sans couronne au Palais

  • CHAPITRE XV
  • Les correspondants étrangers

La vie au Grand palais était partagée avec toute une colonie de genres. Les costumes originaux faisaient rage tant le monde voulait communiquer son image. Cependant, il y avait une clientèle qui échappait à ce cirque. C’étaient les correspondants étrangers. Ils étaient souvent en tenue légère quand on les croisait, mais hop un évènement, le costume européen reprenait déjà fonction. Ils étaient nombreux et appartenaient à toutes sortes de familles de la presse internationale. Le langage le plus usité était l’anglais, mais l’arabe siégeait comme un prince dans ce Grand palais tellement, qu’on se serait cru sur une île turque envahie. Il ne fallait pas les ressembler, sinon ils vous saluaient dans leur langue et par leur manière. Et, pour se sentir offusqués si vous ne répondez pas, simplement par ignorance. C’était ma première expérience. Je sortis embarrassé d’une telle aventure.

Il y avait un correspondant qui venait de la Tunisie et son nom, français. Il y en avait beaucoup, lui, ce devait être Mohamed. Je vous fais grâce du reste qui se répétait. Il était islamique et croyait voir en moi un frère, comme on se le dit là-bas. Il me salua avec une telle révérence que j’ai cru qu’il s’adressait à quelqu’un d’autre. Je l’ai regardé avec un peu de curiosité, ce qu’il assimila à un dédain. Mohamed le prit mal, et il alla se plaindre à une autre personne avec qui il m’avait vu converser auparavant. C’est là que j’ai compris qu’il fallait faire très attention au milieu de tout ce monde en ébullition. Je me suis expliqué avec lui par la suite. Il jura me croire, un imam de sa connaissance.

Il invitait souvent le prince dans des buffets organisés par son ambassadeur, ce qui m’avait fait croire au départ que le prince pouvait venir d’une principauté de la région arabique. Mais, cela n’en était nullement.

Le Grand palais comptait près de cent-vingt-cinq correspondants étrangers, mais accréditait plus d’un millier lors des grands évènements comme lorsque la Commission sur les Droits de l’Homme siégeait ou pendant les Assemblées Générales. Les procédures étaient simples, mais le pouvoir discrétionnaire était sans appel. Une fois accrédités, les correspondants bénéficiaient de certains privilèges au niveau de l’accès, mais ceux qui étaient permanents jouissaient des allées royales au point de s’offrir toutes les entrevues possibles avec les plus grands de ce monde.

Merci d’y croire !

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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)