Xavier Comtesse affirme que c’est possible et parle de Soft Gouvernance, revisité

LA GENÈVE INTERNATIONALE PASSE À L’OFFENSIVE

  • Xavier Comtesse affirme que c’est possible et parle de Soft Gouvernance

Quatre cahiers, une stratégie et contrer Washington comme ‘hard’ gouvernance. Mais si Genève n’avait pas les Onusiens! mais si les bons offices se jouaient ailleurs, pendant cinquante ans à venir, dans une autre ville à caractère internationale. Sur le continent américain, ou en Asie!

Mais, si le scénario des 50… de bons offices s’était vécu ailleurs! L’exercice paraît insensé, mais pour certains, non!

[En ramenant le contexte d’il y a seize ans, d’un article publié sur l’Observatoire du dies, par Réseau HEM en Suisse où il était question de ‘soft gouvernance’ évoqué dans la production de (4) cahiers thématiques, par le philosophe, Xavier Comtesse en l’occurrence, la Genève International doit aujourd’hui rendre des comptes par les critiques de l’Observatoire du dies, comme de celui dit stratégique, de Genève. Où est placée la Suisse de Comtesse dans les sphères d’influence mondiales et de haut savoir? Sommes-nous à l’image du plan tracé de Comtesse? La Suisse est-elle une meilleure garantie que le Canada évoqué dans l’article? L’Asie a-t-elle été élargie en termes d’influences globales, en quoi? Les interrogations sont multiples, mais relisons en commentant].

C’est aussi un exercice intellectuel qui fait dans les cordes des quatre cahiers, puisque Genève provoque des scénarios dont la potentialité est basée sur son vécu, sur celui de la Suisse, et se projette par cela. Xavier Comtesse explique lui-même aux journalistes étrangers que la partition réelle se trouve entre leurs mains, car, à eux de vendre l’idée. La Genève des journalistes étrangers. L’offensive est bien réelle, la fondation mijote son plan depuis au moins un an. Si aujourd’hui c’est Washington qui est visé malgré tout, ce n’est encore qu’une idée à cultiver.

[Première phase qui était d’attaquer par ce besoin d’appartenance, les journalistes de la presse étrangère au pays, surtout à Genève, cela était-il fait pour créer un malaise au point de vouloir pousser à démontrer cette émotion? Ce n’était pas humaniste, mais situé entre manipulateur et manque d’assurance chez Xavier C. Les journalistes ont-ils par contre joué à défaire la Suisse : Non ! Comtesse a-t-il livré les bons offices?]

Il est donc tout à fait légitime de se poser la question : à quel prix, et, pourquoi pas ailleurs ? Elle aurait un sens profond puisque Comtesse ainsi que le président de la GI avouent, obligés par la question, que Dubaï, Singapour, apprennent vite et se développent au même rythme fulgurant. De plus, l’Allemagne possède par légion, des immeubles vides qui ne demandent qu’à être comblés. Ceci, c’est sans compter sur le potentiel intellectuel et technologique de l’Allemagne et de son économie. Il faut tout de même avouer qu’il existe une Vie à Genève qui attire et qui inspire, et c’est là l’espoir de Comtesse.

l’Exercice

Mexico City – avait, mais dans une proportionnalité plus réduite latino-américaine, la vision d’une grande référence internationale, l’ambition de Genève. La proximité du territoire étasunien ne l’aurait pas favorisé ou, tout simplement, les compétences comme les ambitions des Mexicains ne l’ont pas permis. Si Mexico vit une explosion culturelle universelle depuis au moins 50 ans, elle n’a su tirer profit de sa proximité de la grande économie américaine pour garantir son arrière-cour. Au contraire, le grand voisin lui ferme aujourd’hui ses frontières sous prétexte de sécurisation. Quand Tijuana près de Californie ou Ciudad Juárez à la frontière du Texas, n’ont pas relayé le dialogue de Mexico vers New York Chicago ou Washington, il y a peine à croire que cohésion et cohérence s’y sont installées au domestique. L’influence mutuelle profitable dans le projet ‘Mexico lindo’ était le rêve d’un homme. La diplomatie comme la politique étrangère des Mexicains ont échoué en ce sens, Mexico n’est pas considérée comme une destination du savoir, sa certification est traitée de douteuse en Amérique. Cependant, l’avenir peut s’avérer différent avec la diplomatie du pétrole de Chavez du Venezuela. Renforçant l’autonomie et l’économie de la zone, comme transition entre les deux Amériques, le Mexique pourrait passer à une diplomatie beaucoup plus proactive avec son pétrole. Mais en bref, ce n’est pas Mexico qui apportera une nouvelle façon de faire dans les relations internationales avec une dyslexie de Caracas, mais surtout avec la concurrente Montréal.

[Il faut remarquer dans le contexte, que Mexico n’est pas Genève à qui on n’enlèvera pas son crédit. Il faut néanmoins déclarer aussi que Mexico a tellement grandi malgré le blocage yankee avéré, et philosophiquement, si l’on s’interrogeait sur les valeurs intrinsèques de Pancho Villa, aura-t-il fait mieux s’il avait l’atout de Genève?]

Montréal – le voisin non loin, depuis Expo 67, affirme une volonté croissante d’un carrefour international. Il est indéniable que cette grande ville pèse lourd dans la balance. Sa proximité avec le conseil de sécurité de l’ONU à New York, son support malgré concurrentiel, d’une Toronto en relation avec Chicago en passant par une puissante industrie automobile à Windsor. Ses liens culturels bien tissés avec Vancouver, porte de l’Asie Pacifique et l’accès au générateur qu’est Calgary. Le Grand Nord serait tout aussi un atout, une porte de connexion avec l’ouest de la Russie et d’autres pays européens. La diplomatie canadienne s’est dessinée comme entre la neutralité et l’amitié américaine, ce qui rend sa position non négligeable. Un diplôme montréalais ouvre bien des portes de spécialistes tant en Europe qu’en Amérique ou en Asie. Si Montréal peut s’aligner dans les jeux du cinéma hollywoodien, comme école grandissante, elle pourrait fort bien avec sa grande capacité universitaire dans un Canada très impliqué dans la ‘Global governance’, développer une nouvelle vision du monde. Tous ces nouveaux couloirs de communication que développe le gouvernement en place lui offrent un accès élargi à d’importantes régions et laboratoires alimentaires, agricoles et piscicoles qui attirent et logent de grands chercheurs internationaux. Ceci, avec, comme facteur-plus, des investissements massifs en sciences et en technologies du Canada.

[Autre constat, Montréal malgré la proximité rapprochée du cœur de Washington, a toujours peur de grandir, tandis qu’elle s’attaque à Moscou pour le Potomac]

Berne – est-il un poids ou un contrepoids aux pieds de Genève, si ce n’est Zurich, comme l’ont souligné Comtesse et Guillaume Pictet, président de la Fondation pour Genève? Le langage financier de l’un et la façon politique de l’autre considèreraient Genève comme un milieu d’intellectuels farcis, tandis que les autres seraient de la négoce par la finance et par le service de gestion de secrets. Une trop grande influence de Genève risquerait-elle les autres dans ce rapport rentable en finances et en relations internationales. Ce serait là aussi la frustration camouflée de ceux du Rhône, dépendant d’un pragmatisme étranger à la francophonie souvent en état d’asphyxie. La position de ce fait favorisera-t-elle Genève dans les prochains défis du millénaire de l’ONU et centenaire de la Suisse? Genève profite malgré tout des atouts non négligeables qui ont fait vivre plus d’un spécialiste. Le fait de proposer est déjà une longueur d’avance sur ce qui est statique. Il faudra concilier cependant : concurrence, volonté, efficacité et besoins réels.

Hong Kong – La Chine si elle se tait, elle s’exprime par la voix de Hong Kong, véritable porte ouverte au dialogue intercontinental. Les avantages et les moyens sont déployés en grand renfort depuis quelque temps. Hong Kong a fait ses preuves économiques, un risque d’un rapprochement avec les grands centres d’intérêts économiques émergents Hong Kong China World Expo a été plus que démonstratif à ce sujet. Si la Chine décide de mettre son poids dans la balance, il n’est pas certain que l’Ombre jaune néglige ce qui ferait d’elle, un carrefour incontournable pour les nouveaux débouchés économiques, contrebalançant le poids de Washington en pleine crise de manque de confiance. Si l’exercice ne se veut plus souple que le ‘soft approach’ de Genève, l’ouverture sur un capitalisme plus humain profilerait Hong Kong comme un endroit idéal avec toutes les infrastructures modernes associées au passage des Anglais comme atout majeur. Si Hong Kong a été un défi au nez de la grande muraille pour l’Occident, la Chine possède aujourd’hui une parfaite maîtrise des outils de développement économique et d’influence diplomatique. Genève en ce sens ne pèse pas lourd dans la balance du continent émergeant.

[Les ambitions de Hong Kong ont été rapidement répondues par la Chine. Qu’on ne se trompe point sur Taiwan en ce sens d’une seule Chine. L’Asie parlera fort, même sur Dubaï]

Dubaï – c’est l’autre côté de la médaille orientale. Si le développement des axes de pouvoir, dans le passé, s’est révélé binaire tout au moins, il y a fort à parier que les efforts canadiens pour développer un couloir Asie Pacifique comme connexion avec la grande Amérique et même l’Europe, c’est que les intérêts se convergent là-bas. Les milieux du savoir comme ceux des sciences et des technologies amèneront probablement une approche plus humaniste de ce milieu islamisé aux références anciennes, en plus de la richesse du pétrole. Le golfe persique peut-il offrir mieux qu’une zone de domination et de convoitise. Le langage économique étant un facteur clé des relations occidentales. La question demeure cependant, Dubaï peut-il être plus que régional ?

Singapour – n’a besoin d’aucune présentation, la réaction de Comtesse parle d’elle-même. Genève s’est trouvée en face d’une puissante concurrente, mais intéressée, ‘ravisseuse’ d’organisation internationale.

Quel langage le monde reconnaîtra-t-il dans les années à venir : les armes, le pétrole, l’économie, la diplomatie, la philosophie! Genève, et Comtesse, ont du pain sur la planche. Quatre cahiers dont l’exercice tend à un ultime but qui est d’offrir une alternative à Washington. Il faudrait commencer par le concevoir et le produire avant de l’essayer. Si la Suisse et Genève s’amusent en pays endormi et en ville dortoir, la vitesse d’une certaine Asie, encore inconnue, risque de créer de plus grandes surprises que celles de l’économie galopante.

  • On a déjà connu Mexico lindo. Internationale/26-04-07

[L’Observatoire du dies, peut s’enorgueillir de ses considérations d’il y a (16) ans où il était question de ‘soft gouvernance’ évoqué dans le premier de quatre cahiers thématiques de Xavier Comtesse, philosophe. La Genève International doit avouer la faute de l’orgueil puisque nous sommes en guerres multiples à travers le monde. Et, en grande débâcle aux É-U. mêmes comme ‘hard power’ qui pataugent dans l’usure rhétorique des empires en déclin. Si les interrogations restent multiples, il y a une certitude en outre évoquée dans l’article, c’est l’émergence de Beijing sans émotion].

 ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)