
LA DIPLOMATIE CARNAVAL OU
- Comité International Carnaval – Musée Mondial Carnaval
Contexte : IDC met l’emphase depuis 2024 sur un impératif. La création du Comité International Carnaval et du Musée Mondial Carnaval. Une entité liée à la diplomatie carnaval comme à la culture carnaval, tirée de l’ouvrage encore inédit intitulé : La Diplomatie Carnaval (Daniel Milord Albertini). Proposition de sa création comme un outil de développement et de diplomatie inclusive de la cité globale, hébergée en Haïti. Grand vecteur de paix insulaire, régionale, continentale et globale.
IDC a prié un émancipé concerné, éloquent Haïtien (État visé), d’élaborer sur le fait, par la mise en situation réelle de cette culture existante du pays, que d’apprécier la viabilité. Oui, hôte hébergeant en partage avec la sœur en RD, résolvant d’une action un problème insulaire, comme modèle pour l’humanité.
Et de là ce qui suit. Dr Jean Élie Gilles est un profil connecté avec Genève (Suisse). Il a travaillé pour ses études avancées, à titre de journaliste-stagiaire à la Radio Suisse Romande (Rue du Temple, Lausanne – Juillet-Août, 1992), sous la direction du poète-Lauréat de la Suisse Romande, Émile Gardaz et du dernier Prix de Rome de Peinture, Joe BOEHLER. Son émission en tandem avec Jacques BRIOD s’appelait Les après-mi-doux, et passait sur les ondes, de 13H00 à 15H00 tous les jours pendant son séjour.
Objet : Entretien sur l’histoire et la symbolique du Carnaval de Jacmel
Bonsoir Gilles Jean Elie
Je réalise actuellement un article sur le Carnaval de Jacmel, en mettant en lumière l’importance des éléments naturels (feu, eau, terre) et leur signification dans l’histoire et la culture haïtienne.
Votre expertise en histoire haïtienne nous aiderait à mieux comprendre :
- L’évolution historique du Carnaval de Jacmel et l’usage de ces symboles
- Le lien entre ces éléments et les luttes sociales ou politiques en Haïti
- La transmission de l’histoire à travers les figures et rituels carnavalesques
Je vous remercie d’avance pour votre disponibilité et votre contribution à cette recherche.
Cordialement, Emerson Vilbrun
L’évolution historique du Carnaval de Jacmel et l’usage des symboles des 4 éléments : Air, Eau, Feu, Terre.
Le carnaval de Jacmel date de l’époque coloniale, vu que cet évènement était déjà organisé chaque année par les colons qui faisaient venir de France des troupes théâtrales, des cirques et c’était comme une grande fête foraine. L’écrivain Jean Fouchard a produit une documentation abondante pour ses recherches qui lui ont permis d’écrire ses livres célèbres Plaisirs de Saint-Domingue et Théâtre à Saint Domingue, tous deux parus en 1955.
Pour les esclaves, la période carnavalesque est déjà un prétexte au triomphe de l’esprit païen sur l’esprit chrétien de l’époque pascale et qui culminera à travers les manifestations publiques des bandes de rara. La psychologie blanche coloniale ne pouvait aucunement penser que ce serait une sorte de revanche de l’esclave qui profitait de ces deux périodes pour dire tout haut ce que le colon faisait semblant d’ignorer : la misère de l’enfer des temps esclavagistes.
Aussi, pour une ville comme Jacmel dont l’histoire remarquable a été influencée par les Juifs, il n’est pas étonnant que son carnaval conserve des traditions mystiques qui font usage des quatre éléments : eau, terre, feu, air. En effet, si nous nous référons à l’histoire même de la création de la ville de Jacmel fondée par Jean-Baptiste Ducasse1, Gouverneur des Indes Occidentales, Représentant du Roi Soleil, Louis XIV, tout se trouve dans les 4 éléments. Pour information générale, Monsieur Ducasse est Chevalier de la Toison d’Or et Souverain Grand Prince Hassid, Rang 76e, 14e Classe, Ordre maçonnique, Rite Ancien Primitif de Misraïm ou d’Égypte. En fondant Jacmel, il le fit sous le signe des 4 éléments qui ont été placés dans des endroits bien ciblés dans la ville. L’élément Feu, sur l’ancienne pergola de la Place d’Armes de Jacmel ; l’élément Eau, sous la petite fontaine qui se trouvait au Marché de Jacmel ; l’élément Terre, à l’intérieur de l’église catholique des Saints Patrons de la ville, Philippe et Jacques2 ; et l’élément Air, se trouve à la Loge Maçonnique des Frères Unis.3
Le carnaval de Jacmel, dès le départ fut donc inscrit dans cette ambiance ésotérique dans une permanence constante efficace des rituels de libations et de consolidation de l’identité culturelle du Jacmélien qui parfois, sans même le savoir, accomplit des gestes traditionnels, à travers des approches multidimensionnelles où les dieux tutélaires interviennent afin de participer en témoins silencieux des événements.
Élément Terre
- Cet élément est utilisé dans le carnaval à travers la confection des moules pour les masques et sur le corps des premiers groupes carnavalesques qui doivent toujours, traditionnellement, annoncer l’ouverture officielle du carnaval jacmélien : les lanceurs de corde. Le corps barbouillé de boue mélangée à de la poudre d’aniline4, de toutes les couleurs : rouge, jaune, vert, blanc, noir, les lanceurs de corde parcourent les rues de Jacmel, avec en tête de la troupe des jeunes ayant à leurs ceintures attachées à des cordes, des vases qui font du bruit pour annoncer l’évènement tant attendu. Dans la mythologie haïtienne, l’élément terre est représenté par AYIZAN, la terre-mère et la terre comme élément productif, ZAKA.
Élément Eau
- Cet élément est au cœur de tout ce qui se fait dans le processus mystique du carnaval jacmélien. L’eau mélangée à la terre permet de la diluer et de lui donner toutes les formes possibles pour les confections des moules des masques carnavalesques ; l’eau permet de diluer la peinture qui doit donner la touche finale aux corps déguisés d’aniline ; l’eau sera encore l’élément utilisé pour se nettoyer d’abord avec de l’orange sure dans la baie de Jacmel et confier à l’océan les fatigues d’une journée bien chargée d’activités et se refaire un brin de répit après les agapes en beignets et autres friandises sucrées ou salées de toutes sortes arrosées de rhum Barbancourt, de clairin trempé, et autres boissons alcoolisées. L’eau encore, partout et toujours ! Dans la mythologie vaudouesque haïtienne, le Loa SIMBI ANDEZO pour l’eau douce et AGWE et Métrés LA SIRENE, sa femme pour les océans, représentent l’élément eau dans la conscience collective.
- Après le bain de la mer, le rinçage des corps à la rivière de l’embouchure ou à la grande rivière, par petites bandes entre amis qui se taquinent et s’amusent, car c’est le beau temps du carnaval !
Elément Air (Vent)
- Élément très subtil, parce que sophistiqué dans ses pouvoirs, l’élément Air se trouve dans les voix de la foule qui chante à tue-tête les meringues carnavalesques soit pour crier ses vivats, soit ses revendications communes, ou tout simplement pour maudire ou bénir les noms de ceux qui ont transgressé les règles de la communauté humaine ou se sont mis à son service, sans condition. Cet élément peut être malsain ou serein et l’on le sent à cent lieues à la ronde ! Dans la mythologie vaudouesque haïtienne, c’est le Loa LOKO dans toute sa puissance.
Élément Feu
- Cet élément permet à la communauté humaine des carnavaliers et carnavalières de dire adieu aux moments éphémères de la vie, comme pour annoncer déjà que tout se vit dans l’espace d’un cillement. Et le Feu au carnaval de Jacmel, comme élément naturel, permet de tout cimenter dans l’airain des souvenirs ce moment privilégié et important pour toute la communauté jacmélienne. Cet élément intervient au moment où les orchestres commencent à chanter « Madigras fini, madigras kaba, byenere sa ka wèl ankô ! »5. Et, la foule déjà au bord des larmes ou dans la nostalgie de cette fin danse avec frénésie sur les dernières notes musicales qui leur sont offertes. Et, elle se dirige vers le bord de mer où attend le traditionnel « Papa Mardigras »6 qui sera brûlé dans un feu de joie du tonnerre ! Dans la mythologie vaudouesque c’est le Loa HOGOUN FERAY et puis MARINETTE comme présence vengeresse quand il y a injustices.
La ritualisation des 4 éléments : Terre, Eau, Air et Feu dans le carnaval de Jacmel correspond non seulement à une mise en scène identitaire pour certains, mais surtout comme affirmation de sentiments inavoués et impossibles à faire passer, en temps ordinaire. Le carnaval de Jacmel est donc un filon à exploiter dans le domaine de l’anthropologique identitaire car il offre des possibilités de jauger les refoulements psychologiques puisque c’est le moment du « tout est permis » dans le dire et les comportements. Cependant, il faut faire remarquer que les rites sont accomplis avec une telle dextérité ordinaire que l’on croirait que cela fait partie même de la vie quotidienne des gens. Beaucoup de jeunes des générations actuelles prennent leurs dictées de parents et grands-parents qui leur racontent les ambiances carnavalesques d’autrefois et ils essaient de les reproduire, mais avec leur propre touche de modernité, ce qui fait certes perpétuer la tradition tout en n’étant pas la vraie tradition de base. Mais même banalisée, ces traditions permettent de comprendre que la perpétuation des rites est une forme de participation de la jeunesse actuelle à l’immense diversité de leur foi à un « quelque chose » infini qui les relie au passé. Cette « contemporanéisation »7 de l’utilisation des 4 éléments dans la société jacmélienne par les carnavaliers est d’une importance séculaire et laïque car elle permet à l’esprit païen de ces fêtes communautaires d’embrasser non seulement les rites de passage vers certaines affirmations de soi mais surtout aussi permet de créer une ambiance de tolérance et d’exutoire des désirs et pulsions de toutes sortes, qu’elles soient sexuelles ou autres.
- élément eau terre – © Jean-Élie Gilles
- eau terre 2 – © Jean-Élie Gilles
- eau terre 3- © Jean-Élie Gilles
- élément air
- air 2 – © Jean-Élie Gilles
- élément feu – © Jean-Élie Gilles
- feu – © Jean-Élie Gilles
Représentation de l’élément AIR au carnaval de Jacmel – Représentation de l’élément FEU au carnaval de Jacmel – Représentation de l’élément FEU au carnaval de Jacmel – Représentation des éléments EAU et TERRE dans le carnaval de Jacmel.
La saison pascale qui suit la saison carnavalesque est encore un autre prétexte pour que la fête continue dans les raras, autrefois méprisés, mais maintenant devenu l’apanage des jeunes de la ville, des banlieues et des villes avoisinantes. Inscrits dans le calendrier social et communautaire, le carnaval comme les raras permettent d’utiliser les 4 éléments dans une communion fraternelle des nouvelles générations. En effet, autrefois, les jugements hâtifs et sévères sur les fanatiques de carnaval et de raras sont aujourd’hui dépassés car, la jeunesse jacmélienne actuelle a embrassé ses héritages ancestraux et se fait vodouisant affirmée même lorsqu’elle professe les religions catholique ou protestante et autres dénominations religieuses. Pour cette jeunesse, le jeu rituel d’utilisation des 4 éléments : Eau, Terre, Feu, Air est sa meilleure façon de revisiter les rapports sociaux normaux entre fils et filles de la même cité. Une connexion profonde et vivace entre temps passé et présent pour créer une « atemporalité-lisière de communion avec les ancêtres » qui privilégie l’imagination, la spontanéité, la générosité, la créativité et la concorde dans un creuset de sentiments d’appartenance totalement inscrits dans la vie sociale, économique, politique et religieuse. Le carnaval jacmélien, avec la performance de rites des 4 éléments au vu et au su de tout le monde, constitue donc un défi (pour ne pas dire un pied-de-nez) aux fonctions pagano-chrétiennes des rôles sociaux, en temps ordinaire.
Le carnaval est le moment qui permet de faire tomber les murs étanches de la marginalité pour une imbrication étroite de l’autre comme faisant partie de la communauté. Atemporalité sociologique oblige !
Le lien entre ces éléments et les luttes sociales ou politiques en Haïti
Les 4 éléments : Eau, Terre, Feu et Air ont été utilisés à bon et à mauvais escient par les politiciens, les leaders et le peuple dans leurs luttes sociales et politiques en Haïti. Les politiciens, dans leurs désirs acharnés de garder le pouvoir, font souvent des invocations sataniques, où ces éléments constituent les manifestations sans recours pour payer des dettes sacrificielles. Duvalier François, passé ès-Maitre dans l’art de la manipulation de ces 4 éléments, appelait sur ces opposants qui se retrouvaient noyés, fusillés, leurs maisons incendiées, et par « un kout lè »8 les paralysaient ou les rendaient fous et déments. Ses connaissances ésotériques et son pouvoir politique comme Empereur des bandes de champwèl, de bizango et des Vlennbendeng lui permettaient d’avoir à son actif une batterie d’informateurs aussi performants et pervers que les agents des plus grands services secrets des grands pays de l’Europe ou des États-Unis de son époque. Tous les houngans et mambos du pays le servaient aveuglément et ce corps aux mille bras utilisait toutes les techniques liées aux 4 éléments pour faire le travail de zombification généralisée. Les tortionnaires de son régime : Luc Désir, ti boule, et tous les autres aux noms macabres et sinistres cités dans l’histoire récente de notre pays de ces 60 dernières années furent de grands connaisseurs et manipulateurs des 4 éléments.
Depuis Duvalier, cette connaissance ésotérique est bien connue dans les arcanes des pouvoirs successifs et, les initiés sont bien informés de l’endroit où les égrégores furent placés depuis les temps coloniaux, que ce soit à Jérémie, Cayes, Jacmel, Cap-Haïtien, Gonaïves, pour ne citer que ces villes-là.
Ses adversaires politiques utilisaient aussi les 4 éléments mais les tentacules gourmands de la pieuvre politique duvaliériste les ont presque tous dévorés, vu que la politique n’est pas pour les gens qui radotent en français. La politique n’est pas une assemblée pour enfants de chœur et enfants sages. C’est un dîner de fauves où seuls les plus madrés en ruse non seulement intellectuellement mais aussi excellemment imbus des connaissances maléfiques brillent. Ils savent donner des coups et encaisser, et leurs manipulations des 4 éléments sont indispensables pour leur lutte continuelle et quotidienne de survie.
Après Duvalier, le dernier grand manipulateur à date des 4 éléments est le petit prêtre de Saint Jean Bosco, Son Excellence, Docteur Jean-Bertrand Aristide, ex-Président de la République. Il avait dans sa poche toutes les clés pour rendre le pays docile sous la férule de ces-dits éléments, malheureusement il n’a pas eu le temps de le faire en 2004.
Les massacres, les incendies des marchés communaux de Port-au-Prince ou d’ailleurs, les inondations en série, les citoyens portés disparus comme dans un souffle d’air constituent à leur manière des retombées de plans macabres de paiements politiques sataniques, à travers les 4 éléments, depuis la chute de Jean-Claude Duvalier en 1986.
Aussi, les soi-disant luttes pour les classes sociales en Haïti n’ont pas fait long feu car la naïveté, le manque de vision des uns, l’avarice et la cupidité maladives des autres, sans compter la multiplication infinie de la nouvelle classe de flagorneurs, arrivistes et pédants, – qui tissent autour des pouvoirs actuels leur toile d’araignée de corruption, de prévarications – contribuent à ne plus faire grand cas des 4 éléments fondamentaux comme moyens de défense. Le diable est bien servi !
Par les temps actuels, les symboles des 4 éléments sont substitués par l’adoration béate, l’adulation servile et mentale de chefs indignes qui font concurrence aux pratiques directes d’utilisation des procédés ésotériques pour les remplacer par le banditisme légal. Ces perles ont été jetées aux pourceaux. Voilà pourquoi le pays est dans l’état qu’il est, parce que les égrégores ont été souillés et les mânes des Ancêtres crient vengeance contre les imposteurs et vendeurs de patrie.
La transmission de l’histoire à travers les figures et rituels carnavalesques
L’histoire du carnaval jacmélien est une génitrice féconde de figures emblématiques, à travers des masques tels que : Le Juif-Errant, le Yahwé, le Papa-Mardigras et d’autres qui ont traversé plus de cent ans de la tenue de cet évènement communautaire incontournable. Aujourd’hui, le paysage du carnaval jacmélien a beaucoup changé. Il y a eu beaucoup d’autres ajouts par les Groupes G-27 et autres artisans du bas de la ville qui créent des masques de plus en plus intéressants et qui établissent désormais leur propre tradition. Tous ces messieurs et dames sont, eux aussi, pour la grande majorité, des vodouisants qui savent comment utiliser les 4 éléments : Eau, Terre, Feu et Air à leurs avantages, et ils font de leur mieux pour transmettre les traditions et les rituels carnavalesques, tout en les dépassant. Il serait important que le Centre d’Interprétation du Carnaval de Jacmel devienne bientôt un musée réel pour que des artisans tels que Vady Confident, Didier Civil, Blaise Edvard, et tous les autres qui produisent des œuvres valables et de qualité puissent conter le carnaval jacmélien en termes chaleureux et merveilleux atours. C’est un vœu pieux, mais le possible peut naître demain, quand les dirigeants prendront leurs responsabilités et auront une vision accrue que notre pays s’appelle HAITI et que « si li vivab se pou nou tout la-p bon pou nou sispann vinn chita nan peyi moun kap vinn choute dada nou ! ki konsidere nou kom imigran san patri ».
- Jean-Elie GILLES , Ph.D
MASQUES DE JACMEL ET LEUR HISTOIRE
Manbo Yaya était une reine-chanterelle des raras et qui était tellement impressionnante par sa hauteur que les gens de Jacmel ont imaginé un masque pour représenter cette femme.
- Manbo Yaya was a queen of the raras which usually is a band of people who roam the streets during Lent Season.
Les Feuilles de Banane (Ce masque imaginé par un paysan intelligent fut une satire contre la bourgeoisie Jacmélienne, à l’époque où notre figue banane était exportée en terre étrangère et apporta plus de prospérité pour les riches. C’était une façon de dire aux exploiteurs « Vous avez tout pris de nos campagnes et vous continuez à nous mépriser en nous traitant d’idiots. Vous ne nous avez laissé que les pailles de banane dont nous nous recouvrons. »
- (Mardi-gras in Jacmel, satirical mask against the bourgeoisie merchants of bananas.)
Ati Brino, est un masque créé par Constantin Ancion dans les années 1960 et qui a été repris par son fils, par son fils Sergo Ancion dit Sergo Cons en 1975 qui déguisait une bourrique avec des costumes humains. Et, cela faisait rire toute la population de Jacmel. La tradition est restée. Il est mort en février 2011.
- Ati Brino was created in 1975 by Sergo Ancion who disguised a donkey with human costumes. And that made all the people in Jacmel laugh hard. The tradition is still here.
Lanceurs de corde était créé sur la demande des parents de Jacmel qui voulaient effrayer les enfants qui faisaient pipi dans leur lit dans les années 1940. Un peu plus tard, les célèbres lanceurs de cordes, Dieujuste et Masseant ont vraiment intensifiée la peur chez les enfants et, ils allaient se mettre aux abords de l’église pour terroriser les enfants des écoles dans les années 1970-1990.
- Lanceurs de corde was created under the demand of the parents of Jacmel who wanted to have their children stop wetting their bed in the 1940’s. Later, in the 1970’s ‘’Dieujuste’’ and ‘’Masseant’’ were the most important performers for this disguise.
Les Charles Oscar, représentent la cruauté du général Charles Oscar qui massacra tous les prisonniers politiques qui se trouvaient dans la grande prison de Port-au-Prince avant l’Occupation américaine de 1915.
- Charles Oscar represent the cruelty of General Charles Oscar who massacre all the political prisonners who were in the Grande Prison of Port-au-Prince during the American occupation of the 1915.
Le Yawé (déformation du nom Yahvé, ce masque antisémitique qu’on retrouve dans le carnaval jacmélien était une satire contre les marchands Juifs de notre ville qui étaient très influents économiquement. Donc, jalousés par les autres colonies étrangères de la place, ils ont inventé ce masque pour les embêter.
- (The Yawé (deformation of the name Yahveh) satire against the successful merchant Jews of Jacmel by the bourgeoisie.)
Le Juif – Errant, autre masque satirique contre les Juifs de Jacmel. Ce masque fut créé par les autres Européens de la communauté jaloux du succès économique de la communauté juive.
- The errant Jew, satirical mask against the merchant Jews of Jacmel created by the other Europeans of the community, jealous of their economical success.
Lucifer est un masque représentant le Malin qui était adorée dans les oratoires mystiques de Jacmel dans les années 1900-1950.
- Lucifer was a mask representing the Devil who was worshipped in the mystic oratories of Jacmel in the 1900’s.
Bann Dyab était un groupe carnavalesque qui performait à Jacmel dans les années 1950 jusqu’à nos jours. Il était créé par Emilien Toussaint dont le fils, Charles Toussaint a continué à diriger jusqu’á sa mort en 1990. Après, les disciples ont repris la tradition.
- Bann Dyab was a group which started to perform since the 1950's in the carnival in Jacmel. It was created by Emilien Toussaint whose son, Charles Toussaint, continued to direct until the 1990’s until his death. The disciples continue the tradition.
Ailes Mathurin ou (Zel Mathurin) est un masque créé par un étudiant jacmélien qui était en Allemagne après la deuxième guerre mondiale. Il s’appelait Mathurin Gousse. Il assistait au célèbre opéra MEPHISTOPHELES du compositeur Italien, Boito, et, impressionnée par le deus ex-machina qui représentait Lucifer, il est retourné à Jacmel, et au cours du carnaval des années 1950, il présenta pour la première fois ce masque qui impressionna ses concitadins. Et, depuis, les Zel Matirin sont devenus un symbole indispensable contribuant au succès du carnaval de Jacmel.
- Ailes Mathurin or ‘’Zel Matirin’’ is a disguise created by Mathurin Gousse who was a student in Germany after the 2n World War. He assisted at the famous opera MEPHISTOLES of the Italian composer, Boito, and was very impressed by the Deus ex-machina representing Lucifer. So, when he came back to Jacmel for the carnival, he presented for the first time this disguise during the carnival of the 1950’s. Since, this mask is one of the best successful symbol of the Jacmelian’s carnival.
Zombis est un masque impressionnant qui représenté cet état psychologique et même physique entre la vie et la mort. C’est une croyance mystique devenue masque de l’imaginaire haïtien.
- Zombis is a very interesting disguise which represents this psychological and even physical status between life and death. It’s a mystic belief that is very strong in the Haïtien imagination.
Tigre est un masque qui représente notre intérêt dans la faune exotique mondiale.
- Tiger is a disguise which represents our interest in the exotic fauna of the world.
Jean-Baptiste DUCASSE, Gouverneur de Saint-Domingue, Représentant du Roi Soleil Louis XIV et de la Compagnie des Occidentales, Fondateur officiel de Jacmel dans les annales de l’histoire.
- Jean-Baptiste DUCASSE, Gouverneur de Saint-Domingue, Représentant du Roi Soleil Louis XIV et de la Compagnie des Occidentales, Fondateur officiel de Jacmel dans les annales de l’histoire.
1 – Recherche Papiers coloniaux de l’Université de Floride, Gainesville, collection ésotérique sur Haïti.
2 – Avant le transport de cet élément sur l’endroit de la cathédrale actuelle, la chapelle St Roc qui se trouvait, là où se trouve aujourd’hui la Mairie était le Saint Patron de Jacmel. Et, ce qui est très intéressant dans l’histoire c’est que tous les prêtres pré-concordataires de Jacmel furent des maçons du même ordre que le Gouverneur Ducasse. Les recherches de feu Michelet Divers furent ajoutées aux papiers de Louis Pélissier Baptiste et à mes recherches rapportées des bibliothèques ésotériques étatsuniennes et européennes pour la production d’une conférence en tandem en 2015, sur demande expresse de Son Excellence, Monseigneur Saturné Launay, évêque de Jacmel, pour la communauté des prêtres, des religieux et religieuses du Sud-est, dans l’enceinte même de l’Université Notre-Dame de Jacmel, anciennes écuries de l’Intendance coloniale.
3 – Avant d’être logée à l’endroit actuel, la Loge se trouvait au bas de la ville dans le quartier des Raquettes, là où se trouve aujourd’hui l’Agronomat de Jacmel ou Bureau de l’Agriculture. La Société qui la dirigeait s’appelait les PHILADELPHES et, Miranda et Bolivar, pendant leur passage à Jacmel, fréquentèrent la Loge des Philadelphes. La Loge actuelle fut établie vers la fin du XIXe. Siècle et tous les éléments importants de la Loge des Philadelphes. La y furent transportés. Voilà pourquoi, certains jours, les habitants du quartier avoisinant la loge actuelle parlent d’un serpent qui fait son apparition, surtout en juin, à l’approche des fêtes de la Saint Jean. C’est l’élément air en manifestation physique. Et, il y a dans cet endroit un espace réservé depuis le 19e siècle.
4 – En créole haïtien, les gens disent plutôt « aliline »
5 – Le Mardi gras s’est terminé, bel et bien terminé. Heureux seront ceux qui le reverront ! »
6 – Dans l’histoire raciste de Jacmel, le Papa Mardigras était autrefois affublé de costumes juifs et affublé d’un chapeau melon. Ce fut une suggestion sournoise des expatriés danois, français, allemands et anglais de Jacmel, jaloux de la richesse pharamineuse des commerçants juifs de Jacmel.
7 – Contemporanéisation: Donner un caractère contemporain à quelque chose de traditionnel
8 – Kout lè : stratagème magique consistant à rendre aveugle, fou ou dément un ennemi trop acharné
IDC doit souligner d’abord la mise en contexte du carnaval thématique (ici à Jacmel), et de ses artifices utilisés par Dr Jean Élie Gilles. La citation d’éléments historiques n’est pas de sa part une prise de position, mais un récépissé de l’histoire mis en exergue en faveur d’Haïti, pays croyons-nous, capable d’accueillir une telle organisation globale spécialisée, et d’autre part, pour son histoire révolutionnaire à valoriser, à ériger en patrimoine à tous les niveaux organisationnels. Le carnaval, de par sa meringue et de par ses costumes, est un instrument populaire vital, culturel, rassembleur, historique…, qui permet de transcender une problématique pour résoudre un problème qui stigmatise les neurones insulaires. C’est aussi de là, notre plaidoirie pour l’Haïti insulaire en partage entre deux États souverains appelés à se fréquenter en tout, tandis qu’éloignés par des organisations internationales de toutes sortes, ils se voient comme si, avec des jumelles cosmiques malgré la proximité rapprochée (Haïti-RD), prise dans une fausse méprise sidérale. C’est aussi l’esprit de l’ouvrage inédit de Daniel Milord Albertini, sur la diplomatie réelle du carnaval en faveur d’un Comité International carnaval et du Musée mondial Carnaval en élaboration.
Note : les droits d’auteur des photos illustrant les 4 éléments sont attachés à Dr Jean Élie Gilles. L’illustration graphique de Jean-Baptiste DUCASSE est inspirée de la photo fournie par l’auteur, mais de droits inconnus. Des couches prises séparément ont donc été appliquées sans hiérarchie, par graphisme afin de le présenter par son masque personnel, étant donné les circonstances historiques de cet esclavagiste.
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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)
















