
Ouvrage sur la Relation John Randolph
- titre… dans le cadre du Code black (Noir)
- après l’Indépendance haïtienne sur la colonie de St Domingue
Si l’on remonte aux archives récentes et encore plus tôt dans le passé, l’Observatoire du dies, il est évident que la Constellation GDMA soutient tout axe sur la notion de la série des grands procès de l’histoire. L’ensemble de ses matrices se sont impliquées à cet effet. Si d’autre part, Haïti siège en plein cœur même de décisions américaines vitales du passé, telle de l’ère Clinton en particulier, celle-ci se prolonge en Laurent Salvador Lamothe devenu Premier ministre de Michel Martelly. Citons l’éloquence du quotidien Miami Herald a interviewé Bill Clinton. Il défend ici un allié ainsi : « The push to remove Haitian Prime Minister Laurent could erase the gains Haiti has made in the last four years, former President Bill Clinton said Thursday in an exclusive interview with the Miami Herald. “He’s done a really good job,” Clinton said on the margins of his one-day Future of the Americas summit at the University of Miami. “The one thing that Haiti doesn’t want to get out of this process is looking like ‘Ok, we had four great years, we were growing like crazy so you think we’ll throw it all away and go back to the old ways. It won’t be good for the country.’»
Les vagues historiques démontrent souvent l’importance de cette grande révolution par le fait que c’est la seule, l’unique dans l’histoire de l’humanité, à soutenir ce pas. La France d’abord, les É.-U. ensuite et de par les actions perverses exercées par cet hexagone pour tenter de détruire l’État haïtien, en revanche, il existe avec encore plus de conviction. Tant de crimes ont été perpétrés sur la République comme sur les citoyens de ce nouvel État souverain. Quelle France, telle Amérique, lisons J-É Gilles.
Extrait autorisé de Dr Jean Élie Gilles
- Patriotisme, Humanisme, Modernité
- Trois concepts européens au service de la littérature nègre d’Haïti du dix-neuvième siècle, Éditions Universitaires Européennes (EUE)
- ISBN : 978-613-9-52732-8
- Copyright © Jean-Elie Gilles
- Copyright © 2019 International Book Market Service Ltd member of OmniScriptum Publishing Group
- Dissertation soumise pour la réalisation partielle des exigences pour le diplôme de docteur en Philosophie, Université de Washington 2002
- Programme autorisé pour offrir un degré: romance Langages (FRENCH)
En P45-49 :
Aujourd’hui premier janvier mil huit cent quatre, le général en chef de l’armée indigène accompagné des généraux, chefs de l’armée, convoqués à l’effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays. Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intentions, d’assurer à jamais aux indigènes d’Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu’il a fait par un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant et de jouir d’une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île ; et après avoir recueilli les avis a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance.
Les généraux pénétrés de ces principes sacrés, après avoir donné d’une voix unanime leur adhésion au projet bien manifeste d’indépendance ont tous juré à la postérité, à l’univers entier de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.
Signé : Jean-Jacques Dessalines, Général en Chef
Généraux de Division : Christophe, Pétion, Clervaux, Geffrard, Vernet, Gabart
Co-signataires : Les généraux de brigade et les officiers de l’armée : Louis Laurent Bazelais, François Papailler, Yayou, Laurent Férou, François Capoix, Etienne Elie Gérin, Paul Romain, Etienne Magny, Jean-Jacques Charéron, Pierre Nicolas Malet, Nicolas Geffrard, Cangé, Magloire Ambroise, J.J. Herne, Macajoux, Qenez, Raphael, Carbonne, Diaquoi aîné, Derenoncourt, Secrétaire : Boisrond-Tonnerre
Quelques jours plus tard, le 14 janvier 1804, le patriotisme de Dessalines se fit humanitaire et, il osa braver les puissances européennes esclavagistes33, en publiant un décret où il invita tous les esclaves noirs des autres colonies dans la périphérie de l’île d’Haïti à venir prendre asile dans notre pays, dès qu’ils auraient la possibilité d’être libres, en prenant l’engagement de payer le coût de leur voyage. Voici le décret :
LIBERTE OU LA MORT !
Gouvernement d’Haïti-Quartier Général le 14 janvier 1804, 1ère Année de l’Indépendance
Le Gouverneur-Général considérant qu’un grand nombre de noirs et d’hommes de couleur supportent aux Etats-Unis toutes sortes de privations, parce qu’ils n’ont pas les moyens de retourner en Haïti, décrète qu’il sera compté aux capitaines de navires américains la somme de quarante piastres pour chaque individu qu’ils pourront ramener dans le pays. Ce décret sera imprimé, publié, aussitôt expédié et une copie en sera immédiatement envoyée au Congrès des Etats-Unis.
Le Gouverneur Général, Dessalines
«En voulant faire de Haïti le boulevard de la liberté, Dessalines provoqua par ce décret la rage des colons américains et du chargé d’affaires français34 auprès du gouvernement américain de l’époque. Faisant suite à cette demande, les colons du Sud des Etats-Unis demandèrent au Congrès américain de passer une loi prohibant tout commerce avec l’ancienne colonie de St. Domingue, parce qu’ils craignaient que leurs esclaves fussent inspirés par l’exemple “exécrable” et “anti-chrétien de ces sales nègres d’Haïti qui avaient massacrés leurs maîtres, au nom de leur liberté”. John Randolph [page 47], un des membres du congrès de l’époque, s’enflamma de rage contre la république nègre au cours de la ratification de la loi d’interdiction de commerce avec Haïti dans les termes suivants : “ … Haïti, an anomaly among the nations of the earth. We should leave nothing undone which could possibly give to the White population in that island an ascendancy over the Blacks” (Logan 142).35 »
Comme on peut le comprendre, en termes politiques, ces mots impliquaient “isolation”36 et “mépris”, les deux attitudes qui ont été depuis 1804 affichées par le gouvernement américain envers Haïti. Alors que la doctrine de Monroe proclamait tout de go “L’Amérique aux Américains!”, les gouvernants américains de l’époque ne voulaient même pas penser que les anciens esclaves de St. Domingue puissent prétendre au statut d’homme ; voilà pourquoi chaque fois que cette isolation et ce mépris semblent être mis de côté dans l’histoire, c’est toujours au nom des Occupations Américaines qui viennent toujours engendrer plus de mépris et d’isolation, non seulement du reste du monde mais entre les Haïtiens eux-mêmes, c’est-à-dire entre ceux qui ont collaboré avec l’Occupant et ceux qui l’ont combattu.
Dessalines, en tant que pasteur d’hommes, savait très bien combien la présence des blancs sur le territoire haïtien pouvait causer des problèmes de division entre noirs et mulâtres – ces derniers se laissaient malheureusement gagner à la cause des blancs à cause de leur gène épidermique prédominant – voilà pourquoi, dans la Constitution Haïtienne de 1806, l’article 38 stipule que : “Aucun blanc, quelque soit sa nation ne pourra mettre le pied sur ce territoire à titre de maître ou de propriétaire,” et l’article 39 stipule que : “Sont reconnus Haïtiens, les blancs qui font partie de l’armée 37, ceux qui exercent des fonctions civiles et ceux qui étaient admis dans la république à la publication de la constitution du 27 décembre 1806 38 et nul autre, à l’avenir, après la publication de la présente révision, ne pourra prétendre au même droit ni d’être employé, ni de jouir du droit de citoyen, ni d’acquérir de propriété dans la république” (Ardouin 44).39
À cause de toutes les complications politiques auxquelles leur pays faisait face, on peut donc comprendre pourquoi la prose soit plus cultivée que le vers, dans les premières œuvres littéraires post-indépendance. Selon Duraciné Vaval : Il ne fallait donc pas s’attendre à trouver chez les premiers écrivains haïtiens une littérature de qualité vu que ceux qui savent lire et écrire sont pour la plupart des esclaves affranchis qui ont eu la chance d’aller faire leurs études classiques en France ou qui ont réussi à s’instruire en autodidactes. La masse des anciens esclaves devenus libres avec l’indépendance demeure illettrée (Vaval 21).40
Aussi, il faut dire que les poètes de l’entourage de Dessalines, en voyant en lui un sauveur, l’ont célébré plus comme chroniqueurs que comme littérateurs. L’un de ces premiers “journalistes en vers plats”, comme on pourrait les appeler, fut Jean Coquille qui a composé les strophes suivantes : nés pour la plupart et qui avaient des contacts assez serrés avec les esclaves à cause de leur situation économique précaire.
Réf.
- 33. En 1804, Les Puissances Esclavagistes comme L’Espagne possédait encore tout le territoire des pays que l’on désigne aujourd’hui sous le qualificatif d’Amérique Latine et Cuba. Le Portugal possédait encore tout le territoire du Brésil, L’Angleterre venait de perdre le vaste territoire des Etats-Unis d’Amérique mais possédait encore le Canada et d’autres petites îles des Antilles. La France possédait encore plusieurs colonies antillaises dont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyanne.
- 34. Pichon, le Chargé d’Affaires Français accrédité auprès du gouvernement Américain s’empressa de rendre visite au secrétaire d’Etat Madison pour protester contre le commerce qui se faisait entre les négociants américains et les “rebelles de Saint-Domingue” et empêcher que la mesure Dessalinienne devînt effective ; et au même instant le ministre d’Espagne, le Marquis de Casa Iruyo confondit sa voix avec celle de la France dans ses protestations auprès de la Chancellerie Américaine dans la crainte que l’esprit d’indépendance ne gagnât ses possessions d’outre – mer”. Cité dans St. Victor Jean-Baptiste, Le Fondateur devant l’histoire ( Haïti: Imprimerie Eben-Ezer, 1954), 55.
- 35. Cité dans Logan, W. Rayford, The Diplomatic Relation of the U.S and Haïti, 1776-1891, (Charlotte, NC: University of North Carolina, 1941).
- 36. Selon Michel-Rolph Trouillot “… The two international powers that did most to isolate Haïti until the second half of the nineteenth century were the Vatican and the United States. The absence of formal ties between Rome and Haïti until 1860 (when a Concordat was signed) reinforced the contempt of many who wanted to see, in the Pope’s reluctance to associate himself with those rulers (who, after all, claimed to be Catholics), one more proof of the “savagery” of the people whom they ruled. Papal contempt also crippled the Haitians’ chances of building a solid wide-ranging system of formal education. In Catholic Europe, as in current and former colonies of Catholic nations, religious orders have always tended to constitute the backbone of the formal educational systems. Starting from scratch, with a population just liberated from slavery, Haïti badly needed the formal instruction that the missionaries could provide. Finally, Vatican indifference also hindered Haiti’s integration into Latin America.
- Considering the United States’ vocal refusal to admit Haiti to the community of American states, only papal support might have encouraged the new governments of Catholic Latin America to diverge from the U.S. position.” Nation, State and Society in Haiti, 1804-1984 par M.R.Trouillot, (Washington, D.C.: Latin American Program, Woodrow Wilson International Center for Scholars, 1985), 10.
- 37. Les blancs dont on parle ici étaient des Polonais venus avec l’armée Napoléonienne sous le commandement du général Leclerc en 1803 et qui sont passés du côté haïtien. Il y avait aussi des “Petits blancs” pauvres hères qui n’avaient ’autre patrie qu’Haïti puisqu’ils y étaient nés pour la plupart et qui avaient des contacts assez serrés avec les esclaves à cause de leur situation économique précaire.
- 38. Il y eut des blancs admis comme citoyens d’Haïti en vertu de lettres de naturalisation délivrés en 1804 par Dessalines. Parmi lesquels des Juifs venus de Curaçao, des Français et des Martiniquais. Selon Marie-Thérèse Morpeau-Archer, “Ces articles de la Première Constitution Haïtienne resteront inviolables jusqu’en 1915 à l’époque de l’Occupation Américaine. La première chose que le gouvernement Américain fit en Haïti c’était l’écriture d’une nouvelle Constitution Haïtienne et la Convention de 1915 permettra aux étrangers, c’est-à-dire aux gros bonnets Américains, d’acquérir des biens meubles et immeubles en Haïti. Dès lors ce fut l’invasion des terres par les compagnies multinationales qui eurent en concession des milliers de carreaux de terres arables pour établir leurs domaines agricoles, en chassant les pauvres paysans haïtiens qui durent se rendre en République Dominicaine pour constituer les “Braceros” ou “Coupeurs de canne à sucre” dans les Usines Américaines”. Cité dans Dictionnaire biobibliographique par Marie-Thérèse Morpeau-Archer (Miami: Presse Morpeau, 1999), 27.
- 39. Beaubrun Ardouin, Etudes sur l’histoire d’Haïti (Haïti: 1958).
- 40. Duraciné Vaval, La Littérature haïtienne ou l’âme noire (Haïti: 1933).
La règle de la requête n’est pas de nous (IDC). Dr Jean-Élie Gilles a entamé, soutenu sa thèse validée. Ici, la preuve est faite et établie. Les autorités, soit à l’instar des universitaires américains d’études supérieures avancées, soit par la soutenance dans le contexte de français éperonné. Mieux, par celui qui accorde (à moins de se faire parjure) un tel degré du CV de haut niveau à qui le reçoit.
L’Érable-diplomatique qui est vue d’ici au prorata de l’agression yankee de Donald J. Trump, a à ce pas, un pas onusien qui flatte peu, mais encore là, quand le Mississipi brûle !
Et, Haïti pénalisée, quand l’Ottawa [de femmes indigènes disparues] sanctionne à tort et à travers le Russe?
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- P11
ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)





