La Touche Cerfontaine [ou] l’École allemande, en HT, retrouvée là où la lecture allemande est meilleure

La Touche Cerfontaine [ou]

  • l’École allemande, en Haïti, retrouvée
  • là où la lecture allemande est meilleure

Si ce n’est le hasard, c’est donc plus qu’avec une forte probabilité, la présence de ces reporters de RTL News Luxembourg, en Haïti est le fruit d’une légion de destinées, qu’elles finissent par ressembler à un portrait recherché. Lequel alors ? La présence de la caméra numérique compacte suggère déjà la gestion de l’image telle celle du son aussi, car le format du duo compte dans le rendu. C’est d’ailleurs l’heure du tout écran tout format, et du couplage d’écran large. En outre, le compact suggère autre chose d’inclusive dans la contingence, la gestion rapide du déploiement pour chasser l’image, et du reploiement pour déguerpir les lieux. L’angle-mort du cœur de la zone est porté disparu mais on l’attribue au pays entier. Il faut donc un portrait, un acteur, ensuite créer l’image de la scène de l’école allemande.

La caméra de la peur part de la Floride, du sein des Haïtiens de Miami. Elle débarque au Cap-Haïtien. Cerfontaine, de longues jambes en enjambées sans tisser les pas, le matériel visible, le long tronc du corps en alerte, quitte l’hélico, traverse vers la fin du film. Du reportage, c’est mieux, mais il y a quand même le parfum d’une route de cinéma. Il doit rentrer après la fin !

Le portrait recherché

L’acteur invraisemblable – le bulldog et l’ingénierie

L’hélico n’est certes pas l’image sollicitée malgré l’énorme engin vu dans le décor. Il ne s’affiche pas d’Airbus Hélicoptère ni de Sikorsky. Il amène du port d’embarcation, vers le port d’arrivée, puis disparaît. Le son de mitrailleuses lourdes de l’intro est du passé, les séquences d’images aussi.

L’histoire va s’initier, l’hôtelier sert d’artifice, il a évoqué Kennedy. Labadie aussi est livrée en vrac avec le riz USAID. L’image émerge, l’acteur est livré. Il est la vedette : nulle sécurité. Trois lieux, tournage : une histoire personnelle, la formation du sujet dans la modernité. Informatique. Un chien de grande taille. Puis, la tanière du loup. Hébergé sur la hauteur montagneuse avec vue extraordinaire imprenable qui fait rêver. Il a sa meute de journalistes aussi. Jean-Pierre Bailly est le pas-de-porte convoité qui défie toute compétition au décor.

Cerfontaine a livré un homme à plus d’un feutre avec des ambitions difficiles dans ce décor où la mort d’un président a fait basculer le pays vers ses enfants guerriers en uniforme de gangs. Cerfontaine a relevé le défi. Il témoigne qu’en Haïti, le mort est loin, le motif du retour se rétablit malgré l’ennemi qui a été en effet bien plus loin que celui de l’ère Manley-Seaga, à Kingston, Guzmán-Balaguer, à SD. Haïti fut l’asile.

Il faut dès lors disséquer, discerner, le pendule oscille, l’inopiné pleut, c’est le jargon du terroir d’après la nouvelle du journalisme américain. Il va faire jouer le gun pour mieux vendre le danger et le risque. Il y a la prime de pays à risque. Un tel périple américain sert à ruiner l’autre, que règne l’Amérique. C’est viscéral.

Coup de théâtre, Cerfontaine abandonne le blindé armé, il embarque dans le 4/4, ainsi dit-on au pays, du grand gosier de la place. JPB est le recteur de, le marchand, l’homme de théâtre (car il en fait du sien, grande thérapie du terroir miné). Il est politico sous réserve, plaideur, relationniste, rapporteur, reporteur dans son genre, dénonce le gaspillage, l’incompétence. De facto, tout !

Cerfontaine est sous la protection délibérée, à découvert, de l’acteur. Tout le monde connaît Bailly, sa voix sur les ondes, son image dans les médias, son pas dans la cité, l’image du chaos, mais tout fonctionne avec une forme d’immunité non définie.

La touche Cerfontaine est telle si l’action se passe dans le studio même, dans la salle de spectacle, ici, à ciel ouvert, parfois fermée dans une pièce, enfin, dans la nature dans la nuit, dans la foule, de la meringue, dans le creux de la montagne, là où l’ancien président aurait été assassiné chez lui. On surveille encore à la mitrailleuse a posteriori. Tout est propre, les déchets idem, dans les rues abandonnées depuis des frontières invisibles, tant dans le temps que dans l’espace. La saturation a joué pour détacher la crasse de la poussière collée du décor, donc la senteur de la nausée est évacuée de notre écran.

Cerfontaine a réussi à capter sans délai, ni décalage dans la distinction, la présence de l’acteur, et faire tomber le coût des assurances de l’école américaine du cinéma. Il a nettoyé l’image qui nettoie la psyché, là où de l’école sympathique allemande, elle remplace celle cruelle américaine (CNN). Caméra qui y est, pour retourner a fortiori !

P10

ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)