
SAO PAOLO REPLIQUE A… J’ADOPTE UN PAYS
- sans la conférence annuelle de la CDB à Brazilia
L’Observatoire du dies propose le retour sur la période qui évoque sa forme de polémique. .CA v/s .BR s’est même enflé, par les BRICS. Ainsi, l’an dernier, la CDB était à Ottawa, et à Brasilia- 2025 (lire en P3-4). Voilà : Feuilleton-2009 en P.38-40
La journaliste Arlette Kaufmann revient d’un voyage au Chiapas, Mexico. Elle est Brésilienne et vit à Basel en plein milieu suisse alémanique. Elle est revenue toute émerveillée de ses nouvelles découvertes indigénistes, mais n’avait pu s’empêcher d’introduire dans toute discussion, le Brésil. Le Brésil de son cœur. Pure produit du phénomène de l’immigration, cette journaliste du pays du foot, de la Samba et des plages joyeuses est aussi un véritable défi pour la sociologie de l’intégration et de la nostalgie du passé. Pour son accent, un mélange d’allemand bâlois et d’un portugais brésilien, son français fait penser à un personnage de film d’humour. Son anglais et son espagnol vous mettent hors circuit sur le chemin de la détection quand il s’agit d’identifier ses origines. Un commentaire amical la définissait comme une vraie Brésilienne. Cependant, quand on lui parle du carnaval de Rio, elle prend un détour par l’Amazonie pour aboutir à São Paolo. Cette dynamique pousse Arlette Kaufmann à véhiculer le message de São Paolo par la voix de Washington Olivetto, qui redéfinit pour ses chers amis cariocas, la fabuleuse São Paolo si évoluée de celle de 1554 des fondateurs jésuites.
C’est ainsi que, sans le savoir, Arlette Kaufmann et Washington Olivetto viennent de lancer une polémique durable avec le projet canadien de RCI viva : J’ADOPTE UN PAYS. La différence, ils n’ont pas peur de citer les mauvaises notes de ce feuilleton réalité. C’est la richesse même de leur initiative.
L’histoire passionnante que voulait offrir au monde notre société d’État par la voie de son avenue cybernétique n’a pas laissé indifférent. São Paolo, sans en être consciente, se serait sentie visée et, offrirait sa réplique. Sa réponse à ce jeune couple brésilien émigré de São Paolo, parti en aventure au Canada. São Paolo dévoilerait ses atouts et, surtout son charme dit-on, égal à plus d’une grande mégapole de ce monde. Ce qui ferait d’elle, à plus d’un égard, une ville à redécouvrir, une cité distincte, très différente même de Carioca, c’est Washington Olivetto qui l’affirme. Arlette Kaufmann, consciente de l’effervescente Samba brésilienne en plein cœur de Mexico City, alors de passage, elle inviterait ainsi même l’ami Lula à mieux équiper le Brésil pour faire connaître São Paolo aux journalistes du monde entier. Et, sans le savoir, nous le répétons, à ce jeune couple parti de São Paolo Brésil, pour faire la promotion du Canada.
Rappel – le lundi 27 août 2007, c’est avec un air audacieux que Radio Canada International lance son communiqué qui dévoile et amorce publiquement la stratégie de communication : J’adopte un pays. Les autres médias sont appelés en grand renfort, une première cybersérie pour RCI viva annonce le communiqué qui précise : « Depuis le 24 août, RCI viva, le nouveau service Internet de Radio Canada International, a mis en ligne le premier épisode de la série J’adopte un pays ». La cible, le Brésil, n’est pas sans rappeler la bataille Ambrair-Bombardier ou celle des bovins entre ces deux grands pays, tant en territoire qu’en potentialité économique.
Le Canada s’y dessinait par cette voie, tellement ouvert, l’initiative suggérait que fuir le Brésil est une bonne chose pour la jeunesse instruite intelligente. Le Canada pays d’immigration pouvait offrir le Brésil chez lui. L’accueil de la communauté lusophone canadienne en dirait long à ce sujet. Si São Paolo, Carioca, l’Amazonie, Porto Alegre, Salvador, Manaus ou Brasilia étaient tous brésiliens avant tout et, uniquement, le Canada ne pouvait offrir cette école-passion du foot cependant si chère au Brésil, même à São Paolo comme le décrit Olivetto quand il parle des fameuses ”times de futebol’‘. Était-ce là une différence remarquable ?
Réplique – Le 27 mars dernier, São Paolo réplique à son tour. Washington Olivetto dit, nous traduisons : « nous sommes comme tout le monde mais, inclusifs, semblables à plusieurs mondes ». C’est par là, une Arlette Kaufmann, plongée dans un imaginaire exubérant, fait appel à la liberté de Olivetto qui parle aux amis cariocas, qu’on retrouve avec son double chapeau de journaliste et animatrice, en train d’ignorer le Montréal canadien, le Torontois de la finance, l’Iroquois de l’histoire et, même le Vancouver des mers bleues devenu asiatique. São Paolo d’après Olivetto, est réellement curieuse comme avec une 1/2 douzaine d’habitants on retrouve un Chinois, un Japonais, un Italien… etc.
La différence de RCI viva, cette réplique semble citoyenne, elle n’est pas encore institutionnelle! Elle semble spontanée, non politisée ni dirigée. Elle vient du Web, du puissant World Wide Web qui annonce fébrilité et audace, en réponse aux webisodes de RCI viva.
Si la réplique São Paolo semble spontanée et non concertée, dans sa réponse à Valéria et Patrick Piceda, dans son interaction avec Canadà Direto, sur le marché des auditoires en parallèle au magazine radiophonique en portugais d’Hector Vilar, les dérivés lusophones made in Arlette Kaufmann ou made in Washington Olivetto s’annoncent passionnés et expressives en comparaison à la politique canadienne avérée lors d’une entrevue accordée à Réseau HEM International en 2007 par le DG. Jean Larin. Si l’âge de la vingtaine draine un dynamisme particulier, ce pourquoi RCI viva a recruté ce couple. Quand on reconnaît cette génération issue de l’éducation internet, multipliée par la floraison de la famille brésilienne telle que se dessine la vigueur de São Paolo, le Canada radiophonique comme celui de la télévision devront tirer rapidement d’importantes leçons. Le www est un jeu passionnant pour initiés ou les amateurs inexpérimentés doivent s’abstenir. São Paolo n’est pas Lisborne, vieille citée du Portugal qui ne sait se défendre.
Un feuilleton exubérant commence pour Valéria et Patrick Piceda qui ont quitté São Paolo, pour RCI viva qui doit prouver son financement public, pour le gouvernement qui doit mieux cibler pour bien investir en immigration. Arlette Kaufmann tiendra-t-elle promesse, Washington Olivetto prendra-t-il un siège ? São Paolo semble vouloir répliquer à J’adopte un pays, c’est pour le moins ce qu’on puisse dire. Bom dia Int/30-03-09
- lire la suite en P.40
SÃO PAOLO2 REPLIQUE PAR LINHA DE PASSE IL Y A UNE VIE ET, ELLE EST REELLE
- Suite de la polémique Brésil-Canada, lue via la conférence de la CDB, en P.38
L’histoire passionnante se poursuit avec Walter Salles et Daniela Thomas, les coréalisateurs de Linha de Passe, un film passionnant qui présente le São Paolo d’Arlette Kaufmann qui ne rate une occasion pour présenter sa paroisse. Elle en parle régulièrement à la radio. Celle de la religion du foot. Cette fois-ci, il a fallu se rendre en Belgique pour mieux cerner l’émerveillement d’Arlette Kaufmann. Les commentaires de la présentatrice de RTBF sont précis : le film se veut un indice sérieux d’un aspect de São Paolo, la grande Brésilienne. Le même axe, celui de Canadà Direto, permet de savoir tant de choses sur la fabuleuse São Paolo, la désormais compétitrice de j’Adopte un Pays.
D‘abord, parle-t-on de la ville ou de l’état de São Paolo, nous demande notre interlocuteur Jose DCruz, un Européen qui y a vécu là-bas. Pour le moins, il est reparti, marié à une Brésilienne. C’est ce qui se passe quand on y rencontre ces femmes mystiques de la samba. Dans la religion, comme à la plage ou au carnaval, et encore mieux au foot, le courant passe. Jose, lui, est plutôt évangéliste, comme l’un des 4 frères dans Linha de Passe. Il confirme à peu près toutes les avenues de la journaliste brésilienne de Basel Arlette Kaufmann : São Paolo c’est fabuleux! On y voit de tout, c’est un monde en pleine transformation qui interpelle. José est un artisan spécialisé dans la transformation du bois avec les normes européennes. Son travail et sa vie l’ont amené à fréquenter plus d’un acteur de cette société. S’il connaît le Canada ? Sa réponse : « le Canada, Montréal c’est très grand, mais c’est froid ».
Avouons que ça chatouille quand on est Montréalais, et qu’on n’a pas vaincu la pauvreté.
Cependant, cette fois-ci la réplique vient d’ailleurs, par Linha de Passe, un film qui sort des profondeurs de São Paolo, une touche spéciale signée Salles-Thomas. Comment rester indifférent quand tant de monde en parle. Arlette Kaufmann a raison de défendre son São Paolo querido. Nous le disons en espagnol car la traduction luso de querido nous échappe.
Arlette Kaufmann nous pousse à en savoir encore plus sur cette cité qui, par son histoire, semble, pour le moins, ne pas laisser indifférent. Le film. Dominique Borde du Figaro-France titre en mai 2008 : « le Brésil à l’âge ingrat ». Comme critique objective pour amorcer un commentaire sur le film qui traduit une famille brésilienne – Linha de Passe ! Tout est dit. D’ailleurs, dernière séance.com souligne un fait important : prix d’interprétation féminine, festival International de Cannes édition 2008. Les acteurs, malgré l’amateurisme mis à nu, sans être des Apollon du Belvédère ni des divas d’une voie lactée, ils sont remarqués à même un lieu culte du cinéma. La saveur d’une São Paolo féérique, tout pour une traversée qui se prolonge encore en avril 2009. Cette chronique n’est pas la seule sur la toile, tout comme les commentaires sur RTBF.
RCI viva en recrutant le couple Valéria et Patrick Piceda de São Paolo s’est-il mis les pieds dans les plats en s’attaquant à plus fort que la passion montréalaise de rue St. Laurent en quête de revitalisation ou, d’un canal rideau trop sécurisé au point d’être dévitalisé, ou d’un Queens Park trop affairé pour reconnaître ses sans abris !
Les fonds investis par l’État dans la société d’État et, par celle-ci, pour faire la promotion du Canada, sans le savoir, et dans une épopée qui risque d’entraîner dans son sillon une guérilla promotionnelle et touristique, à saveur économique, risquent de coûter bien plus cher en défense citadine qu’en retombées escomptées. São Paolo mise sur la passion des migrés comme celle du foot, celle d’Arlette Kaufmann qui a déjà passé l’âge ingrat du Brésil.
Dominique Borde du Figaro avait trouvé un titre démonstratif qui illustrait, de la plus belle façon, la ballade du couple Valéria et Patrick Piceda, dans son interaction avec Canadà Direto de RCI viva. On pourrait simplement déduire à une fuite motivée par l’attraction migratoire de ce grand pays qu’est le Canada en relation aux problèmes brésiliens locaux qui poussent généralement la jeunesse de certains autres pays vers l’exil – volontaire ou motivé -. Ce couple aurait tout simplement migré vers d’autres horizons brésiliens ou peut-être même vers un ancien parcours colonial qui mène en France, comme ce cinéaste brésilien qui avait produit Mahaléo. Ou, encore mieux, vers d’autres relations subtiles comme avec l’Allemagne et la Suisse, qui cultivent des liens insoupçonnés avec le Brésil, malgré l’âge ingrat présenté par Dominique Borde.
RCI viva aurait ainsi tenté de jouer sur une attraction frivole dont les liens mènent sur la rue St. Laurent, en relation avec certains journalistes de la boîte qui y ont élu domicile dans les environs. Mieux que cela, il y aurait aussi le cinéma en parallèle. Le cinéma brésilien baigne souvent dans les arts. Les festivals internationaux de cinéma de Montréal, tant dans les arts que dans le nouveau cinéma, trouvent une souche très élaborée qui offre ainsi le flan faible du Brésil : une certaine pauvreté dont la bouillonnante São Paolo de 20 millions d’habitants. Elle en souffre malgré ses richesses exubérantes, comme le décrit l’article sur cinezik.com. Il était donc facile pour RCI viva de puiser à même cette source dévoilée lors de ses couvertures médiatiques passionnées, par exemple d’un Claude Deschêne.
Aurait-on surdramatisé São Paolo pour mieux vendre le Canada du Montréal de la rue St. Laurent, en invitant les jaune et vert, mettant en vedette un jeune couple qui amène foot, samba et informatique ? Comme le souligne Aurélien Ferenczi de télérama.fr dans ses commentaires sur le film dans lequel on a évité de surdramatiser ce docufiction, ce qui le rend crédible… Qu’en pense Arlette Kaufmann de tout ça ?
Arlette Kaufmann saute sur sa sellette, accompagnée d’un Léonardo Boff qui lui parle de son Lula et du Barack des Américains, mis en parallèle pour mieux faire ressortir ses Amériques, elle découvre loin de son pays natal, en plein exil médiatique à Basel, un Canada qui veut lui prendre son São Paolo de cœur. Ce que les Cariocas n’ont pas réussi à faire d’après Washington Olivetto.
Si Linha de Passe est un film à voir sur São Paolo la fourmilière, comme le dit Sylvain Rivaud de cinezik.com, on risque découvrir tout un autre aspect décrit par Limess sur une dernière séance.com, ce que doit certainement redouter les stratèges de la société d’État en passe de grandes coupures budgétaires. Ensoleiller le potentiel du foot montréalais ou, enrichir la Carifiesta, le carnaval antillais de la samba et, que sais-je encore, de la capoeira brésilienne d’origine congolaise, aux dépens de São Paolo! Stop ?
La peur aurait-elle changé de camp ? À chacun d’y répondre, mais Arlette Kaufmann est loin d’avoir dit son dernier mot… Bom dia! Int/17-04-09
C’était une forme de visite dans ce Brésil de la CDB!
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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)





