Un Prince sans couronne au Palais Extrait La folle journée des noces

Un Prince sans couronne au Palais

  • Extrait La folle journée des noces
  • chapitre XXVII

C’était un mois d’avril, mais l’année importait peu, comme si tout le monde l’attendait et savait qu’elle était arrivée. Un certain chroniqueur à la télé locale avait même été loin en poussant ses recherches, il voulait démontrer qu’à travers le monde, la saison était clémente tandis que ce n’était pas mai. Les fêtes de Pâques cédèrent donc tout de suite aux préparatifs du mariage. Le parfum de l’air changea pour le nectar de rose fraîche. Les calèches sortent donc plus tôt cette année-ci, laissant croire à un cortège équestre. Les cloches allèrent récupérer leur titre de noblesse, le carillon était redevenu la mode observée. 

Le bonheur était au rendez-vous, mais le vieux dicton le dit, il n’arrive pas sans nuage. Une panne de pneu allait semer la panique comme un taureau qui rentre dans un champ de fleurs. Quand le bruit résonna, c’était comme un claquement de fouet dans l’air. La voiture roulait à vive allure et le chauffeur crut à un mouvement de calèche et ne ralentit pas sur le coup. La voiture cabra et fonça tout droit vers un mur avant de s’arrêter à trois doigts de la masse de fer qui bordait le soubassement du mur. C’était dû à une habitude d’accident dans la zone. C’est à ce moment que le prince passait à ce niveau et il ne put s’esquiver du sillon provoqué par la voiture en panne de pneus. La cascade l’emporta droit vers le précipice et sa voiture dégringola jusqu’au fond, avec la force de la masse de métal projetée. C’était la catastrophe et les apparences le donnaient pour mort. Tout le contenu de la voiture passa par l’espace de la vitre arrière qui se fendit en mille morceaux. La gomme transparente emprisonnée entre les deux vitres a évité le pire, les morceaux restèrent collés et tombèrent comme une plaque molle alors que la voiture roulait sur elle-même. Juste le hasard ou un réflexe de survie, il mit ses deux mains ajustées au plafond de l’auto et pu ainsi absorber le choc au point que son mouvement laissa une bosse dans le toit de la voiture qui protégea sa tête, car ses bras se plièrent au fur et à mesure, suivant le sens de la pression provoquée par le toit qui touchait le sol à chaque fois. 

La voiture s’arrêta net du côté du chauffeur et une fumée montait venant du côté du moteur. Quand il ouvrit finalement ses yeux, il croyait découvrir son corps ensanglanté et fracturé. C’est l’odeur de l’acide de la batterie qui coulait sur le moteur qui le réveilla de son étourdissement. Il avait compris qu’il devait se dégager rapidement, au risque d’une explosion. Il détacha rapidement sa ceinture de sécurité, d’un effort héroïque, détacha la ceinture du passager voisin qui était resté suspendu et l’attrapa sans réfléchir pour sortir par l’espace de la vitre d’en avant elle-même aussi pulvérisée. Juste une petite égratignure sur le petit droit de la main gauche, il se tira d’affaire tandis que la grande tante d’une …. qu’il avait été récupérée à la gare du train, partit pour l’hôpital en ambulance. Elle devait rater les noces par la suite, car elle a dû séjourner plus de trois mois à l’hôpital à cause d’une fracture à la hanche.

Merci d’y croire !

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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)