SLRDC « ME LLAMAN CALLE » tiré de la musique de Manu Chao

« ME LLAMAN CALLE »

  • tiré de la musique de Manu Chao
  • SLRDC par Dan Albertini

Le clip est carrément un film. C’est un court métrage modulaire. Il ne s’agit pas plus que d’élargir la scène. Une période qui renferme : la vie, les actes, les besoins, les pleurs, les joies. Le personnage visé par la démarche est là, bicéphale. «Me llaman calle, me llaman puta, me llaman princesa…», c’est le lyrisme de l’artiste qui mène le bal. La scène est personnelle, même si en apparence, collective. Manu Chao en est la tête, il s’invite dans un lieu. Il le prend sans pistolet, avec les armes de la dialectique. La tête est aussi « CALLE ». Ce qui me rappelle un ouvrage qui valorise le « locataire des rues ».

Manu Chao est connu pour son écriture musicale colorée. Sa vie a certains aspects à risque. Mais il fait tellement mieux dans ce clip que les auteurs professionnels de scènes de cinéma. Pour la production de navets. Il est l’accompagnement musical, le chef d’orchestre, le lead vocal. Tout, quoi !

« CALLE », ce sont ces femmes de vices ou vertus cachés, étant donné le besoin des talons après sept heures. Avant cinq heures, dans le clip, puisque les rideaux métalliques tombent pour céder la place au trottoir. Peu importe le trottoir, on change, on y règne, on embarque. Je suis même tombé amoureux d’une de ces diplomates du trottoir. Pantalon blanc, genre jeans, au ¾. Corsage noir, talons blancs qui relancent la hanche pour donner l’impression de longues jambes (Wilhelmine Winthrop dans le roman de Sabine de La Brosse : Crime à l’insuline ou l’Affaire Claus von Bülow, qui a réussi à faire oublier Dallas, aux Américains). Juste pour expliquer l’origine des longues jambes dans mes goûts. En fait, le cinéma est dans tout et en tout, de là, la chronique slrdc.

La hanche honore les seins, forme ibérique féminine que l’on retrouve à Buenos Aires, à Montevideo, à Caracas et à Barranquilla. C’est l’imaginaire et le portrait des images de parcours de jeunesse, il a gardé le sourire. Les bras en l’air, le sac à l’épaule, et qui danse pour se plaire au pas libre de la guitare. Elle invite à ce bal de trottoir.

« CALLE » résume, dans le clip, le script de n’importe quel scénario déposé pour la production d’un véritable long métrage parfait, et qui va chercher tout cinéphile averti, dans les règles de l’art.

La passion musicale a pris rendez-vous ici à la même enseigne que le spécialiste de l’image. Il y a dans la rue, le métier de… qui en outre n’a pas eu raison du bar. Le film ne vend pas d’alcool non plus.

Manu Chao ne fait pas dans la pornographie ni dans la sollicitation, ici. Il démontre là, la grande maîtrise de la scène qu’il nourrit de joies et de tristesses aussi. C’est de la magie. La magie du trottoir qui paye les factures, mais qui sort les maris de leur foyer aussi. Ici, c’est sympathique. Hélas, je suis le converti pris au piège.

Merci d’y croire !

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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)