
Haïti renaîtra!
- Éliminer Haïti de la compétition?
- Par Jean Willer Marius – Aspirant ministre du Bonheur des Haïtiens
D’aucuns diraient que c’est le signe d’un bon équilibre mental que de laisser Haïti à son destin ou sa perte. Un autre rétorque: quand on a tout fait pour changer une société qui s’obstine, s’enlise dans la déchéance, il est peut-être temps de changer de société.
Le ministre de l’Éducation n’a pas trouvé mieux pour le bien des élèves sans doute, mais la satisfaction de cette frange qui ne jure que par la disparition du soma-psyché haïtien que de distiller le savoir en créole jusqu’au secondaire IV. Foutaises!
N’en déplaise aux amoureux du créole, exclusif, il ne peut pas nous amener bien haut dans la galerie sélecte des connaisseurs. L’intellectuel haïtien est, qu’on le veuille ou non, un produit d’exploitation, sinon il meurt de famine ou la crue des rivières non traitées exacerbée par la coupe massive des arbres en amont l’emportera lui, ses livres et ses rêves dans un lavalas qui détruit tout sur son passage (ce n’est pas de la reconstruction, c’est de la déconstruction systémique).
Vouloir éduquer les enfants du peuple en créole constitue un crime de lèse-patrie envers la population pauvre (qui ne pourra payer un cours complémentaire), car les établissements scolaires élitistes ne se courberont pas aux propos d’un petit ministre qui réveillé (semble gérer sans avoir tout déversé des frustrations dans un songe) perdra son poste à la prochaine vraie manifestation. Dès lors, les enfants des gens aisés seront éduqués en français, en anglais tandis que les autres ne seront bons que pour la consommation haïtienne, comprenez donc que nous voulons désormais former des bons à rien étant donné l’état actuel des choses en Haïti.
Le fiasco de la langue française en Haïti est patent. Quand des maîtres qui ne savent pas lire instruisent nos enfants, à quoi devra-t-on s’attendre? C’est l’école dans son ensemble qui devra être réformée en canalisant ceux qui ne peuvent aller plus loin pour l’industrie, car l’industrialisation est la porte de sortie de la misère et du gangstérisme, ensuite établir et faire fonctionner une vraie école des maîtres où la diplomation sera sur la seule base de mérite et non sur le droit de cuissage.
Haïti se convulse malgré ses atouts. La disparition de l’État actionne le mécanisme d’un effet domino. Une refonte du système est indispensable pour espérer sauver la génération de 0 à 5 ans. De vraies écoles des maîtres avec la matière ciblée devront s’établir partout sur le territoire, dotées des dernières technologies pour les échanges internationaux et les cours à distance.
Le corrigé des manuels scolaires ne doit plus être le cénacle sacré d’un groupe de raciste, mais disponible en vente régulée à toutes les écoles. Des séminaires de formation trimestriels rémunérés doivent être mis en place pour les acteurs récupérables du système qui auront réussi 60% d’un test obligatoire disponible à l’année uniquement dans la matière enseignée.
Ces mesures et d’autres, en élisant le créole en option, auront la vertu de remettre notre système éducatif d’apprentissage sur les rails en attendant d’en établir un vrai. Sauf que cette réforme doit se mettre en place avec des hommes, des vrais, des patriotes, où va-t-on les trouver, si l’on s’abreuve d’un déversoir de résidus lavalas ?
ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)



