La Gauche par les Textes : par Jacques Julliard, Grégoire Franconie (Flamarion)

La Gauche par les Textes

  • Par Jacques Julliard, Grégoire Franconie (Flamarion)

Un médecin de Cambria Heights, Queens NY, a dit à son neveu par alliance : « si l’on est jeune et qu’on n’est pas de gauche et humaniste, on est sans cœur. Mais, si après la trentaine, on est encore de gauche, c’est qu’on est sans cervelle, sans raison même ». Ici Julliard-Franconie, dans La Gauche par les Textes. Est-ce que ça fait penser à ce manuel : Le français par les textes, c’est du français, le mot FAILLITE est déjà perçu !

C’est là en tête. La phase Jean-François Revel, in La Tentation Totalitaire, R. Laffont 1976, mais en se faisant de droite sans la révision logique (humaine) qui va aller à D. Trump. Toute saison mêlée, en 2026, en prévision, comme provision, dans les rides de Reagan, Nixon, Bush (I, II, III). Le vrai communisme chinois est en train d’extraire la dent cariée, le capitaliste exonéré de Kissinger. À savoir, qu’il n’y a pas encore plus de droite que ça, en la peur d’Allende. Ex aequo, le néo-libéralisme de M. Friedman malgré tout. Revel était un critique, une thèse en essai !

Voici un extrait de commentaires du présentateur : « Lorsque quelques années plus tôt, J.F. Revel avait publié « Ni Marx, ni Jésus » (1), où il critiquait l’anti-américanisme forcené et quasi-obligé de la gauche française, il avait fallu débattre avec l’auteur – auquel on semblait accorder encore l’étiquette de gauche – de ses thèses sur l’avenir de la révolution aux États-Unis, argument contre argument, fait contre lui ».

www.persee.fr/doc/autog_0338-7259_1976_num_33_1_1172_t1_0224_0000_1

Julliard-Franconie, sept expressions admises tirées du livre

Programme républicain 1869 : « La liberté individuelle désormais placée sous l’égide des lois, et non soumise au bon plaisir et à l’arbitraire administratifs », P.199, para 5.

La Bonne Nouvelle Démocratique (1834). Entouré de catholiques libéraux, l’abbé Félicité de Lamennais (1782-1854) fonde en 1830 l’éphémère journal L’Avenir, avec pour mots d’ordre la Religion et la Liberté. : « Quelque chose que nous ne savons pas se remue dans le monde : il y a là un travail de Dieu » P.157, para 1, 3.

Lumières et Révolutions (XVIIIe siècle). Cité Idéale et Fraternité (1699) : « ainsi fleurissait la nouvelle ville d’Idoménée sur le rivage de la mer ; chaque jour, chaque heure, elle croissait avec magnificence et elle montrait de loin aux étrangers qui étaient sur la mer de nouveaux ornements d’architecture qui s’élevaient jusqu’au ciel » P.51, para 3.

Droite – Production et Gauche – Répartition : « On est à droite quand on considère ce que l’on possède. On est à gauche quand on regarde ce que possèdent les autres. Un critique en tant que critique est toujours à gauche. L’esprit de gauche, selon la formule d’Alain, réside bien dans le contrôle. Ici contrôle des fortunes ». P.23, para.2

Unité de la Gauche, Diversité des Droites : « Ce qu’exprime d’une autre façon le refus de s’assumer explicitement soi-même comme droite, même si l’hostilité déclarée à la gauche revient à se désigner comme telle a contrario : avouer le mot, ce serait reconnaître qu’il existe des motifs structurels de partage…». P.37, para. 2

La Satire Comme Contre-Pouvoir (1924) : « On nous avait dit : Henrriot à la présidence du Conseil, et Painlevé chef de l’État. Notre indéfectible républicanisme y trouvait son compte évidemment : mais qu’allait de venir Le Canard ?» P.319 para. 3.

IVe République – Ve République. Vers la Troisième Force : « Appelé à la présidence du Conseil par le président de la République Vincent Auriol, le 21 novembre 1947, Léon Blum ne recueille pas suffisamment de voix pour former un gouvernement. Son discours du 21 novembre donne toutefois ses lettres de noblesse à la coalition de la « Troisième Force », axe central des majorités de la IVe, à cheval sur la summa divisio entre la gauche et la droite ». P.361, para. 1

Observons d’abord une pause commentaire.

Avant d’explorer les avatars de la gauche française, il est urgent de jauger la critique.  Savoir si elle est libre d’opinion non partisane. Venant d’un tiers associé de la droite. Elle se présente par ce nom. Un jeu est subtil, il faut déposer son bilan aux dépens du rival, cela va sans dire, l’ennemi. En effet, la France est à toutes les tendances, en outre elles ne servent pas forcément celle-ci. Elles s’arrangent pour dominer par le fait d’avoir éliminé l’autre. Le centre n’existe pas vraiment.

Cela fait-il de la gauche une réussite, hélas non. Le bilan déposé est, par définition, anti-droite, non pas de l’exploit. L’Afrique en est témoin. Il existe néanmoins des cas de réussite comme la Chine, la tendance du Chili d’Allende. La France qui se dit si souvent de gauche est clairement le camp de moralistes qui baignent et pataugent dans leur marre en faisant pire que la médiocrité. École de scandales de toujours. La complainte est devenue leur marque de réussite pour cacher l’échec.

Relançons Julliard-Franconie sans méthodologie. Considérez notre pas en dehors de la chronologie et de la thématique. De plus, nous avons opté pour l’omission en ne citant pas les auteurs des textes, ni les médias impliqués. Il n’y a pas de compte ni de décompte, puisque notre médecin a dit au début qu’il y a de la jeune gauche dans les veines de la maturité devenu droite. Les deux sont de la sémantique du même personnage, idem J. Julliard à ce jeu.  

L’argument est simple, on ne remplace pas la qualité par du faux, parce que celui-là vit de son éclat. Défendre le bilan est, par définition, un paravent. Nous présentons J. Julliard par La Gauche par les Textes, Flammarion, 2012, ce qui nous soulage des intentions. Votre avis et de l’IH !

P.9

ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)