COP15: l’Organisation Écovert-Haïti répond au Secrétaire général de l’ONU António Guterres

Haïti-environnement Collaboration spéciale de: Anel Dorléan

  • COP15 sur la diversité biologique : l’Organisation Écovert-Haïti répond au Secrétaire général de l’ONU António Manuel de Oliveira Guterres : Ce n’est pas l’humanité, une Arme d’extinction massive, c’est plutôt le capitalisme.

Lors du lancement de la 15e Conférence des Parties (COP15) sur la diversité biologique au Canada où plus de 190 Pays se réunissent du 07 au 19 décembre pour tenter de trouver un pacte décennal (2021-2030) pour la conservation de la biodiversité de 30 % des écosystèmes terrestres, côtiers et marins afin d’éviter une sixième extinction massive. Le Chef de l’ONU dans son discours inaugural présente l’humanité comme une arme d’extinction massive, une déclaration qui ne fait pas l’unanimité au sein des organisations écologiques dont l’organisation Écovert-Haïti qui estime que le chef de l’ONU se trompe grandement, car ce sont les pays industrialisés durant les périodes de trente glorieuses qui ont connu une forte croissance, le plein d’emploi, l’accroissement du pouvoir d’achat, l’essor de la consommation de masse, mais également d’importants changements dans la structure des écosystèmes de la planète et ce modèle de développement a laissé comme héritage pour cette génération et les générations à venir des tonnes de déchets non biodégradables, une perte de la biodiversité, des espèces menacées…, etc.

De plus, c’est le capitalisme qui est à l’origine de l’exploitation des forêts de l’Afrique centrale considérée comme le deuxième poumon vert de la planète pour des bois de construction et des industries de papeterie.

La République Démocratique du Congo au cours des trente dernières années a perdu 20% des forêts humides qui sont nécessaires pour la conservation d’oiseaux d’eau. Sur tout le continent africain, environ deux millions d’hectares sont détruits chaque année à des fins commerciales et au total, dix millions d’hectares ont été déboisés entre 2015-2020.

Sur le continent américain et dans l’Asie du Sud Est, les écosystèmes forestiers sont exploités au profit de l’agriculture industrielle, c’est le cas de la forêt Amazonie ou une bonne partie a été détruite et remplacée par des champs d’hévéas ou de soja pour le compte des multinationales qui contrôlent le commerce mondial.

Ce sont également des Occidentaux qui sont à l‘origine du braconnage sur le continent africain qui représente de sérieuses menaces pour des milliers d’espèces animales. Chaque année, environ trente mille éléphants et 600 rhinocéros sont tués sans compter des centaines de gorilles, de lions, de tigres…, etc.

C’est toujours le capitalisme pendant l’exploitation des mines qui a détruit les zones boisées et a utilisé le cyanure de sodium pour laver de l’or extrait qui est un produit toxique qui pollue par la suite les rivières, qui tue des milliers d’espèces animales et affecte considérablement la santé humaine.

La destruction des espèces animales et végétales réduit leurs capacités d’absorption de Co2 nocif dégagé par les activités humaines qui s’échappent dans l’atmosphère et leur cumule réchauffe notre planète.

C’est plutôt un manque d’humanité qui est à l’origine de l’extinction massive que nous connaissons aujourd’hui.

En Haïti, la destruction de la biodiversité a débuté avec la décision anti nationale de l’État haïtien décidant d’accorder une autorisation à SAHDA pour exploiter des ressources forestières haïtiennes comme la contribution d’Haïti à la 2e Guerre mondiale. Une situation qui va s’aggraver par une partie de la population pauvre en quête de la culture de subsistance, défricher des parcelles par le feu pour des activités agricoles et l’exploitation des charbons de bois.

Aujourd’hui toutes les aires protégées d’Haïti sont menacées et les principales forêts du pays et les parcs naturels (Forêt-des-Pins, Parcs la Visite et Macaya) subissent de fortes pressions humaines. Malgré la création de deux grandes réserves de biosphère en Haïti (réserves la Selle, et la Hotte) pendant les 10 dernières années avec le support du programme MAB de l’UNESCO pour concilier l’Haïtien avec l’environnement, la dégradation de la biodiversité nationale ne fait que s’aggraver en raison de l’incapacité des autorités haïtiennes pour mettre en place des outils de gestion et de gouvernances pour préserver ces milieux naturels qui fournissent de nombreux services environnementaux assurant le bien-être de la population. Déjà, la dégradation de la biodiversité a de graves conséquences dans tout le pays, mauvaises récoltes, stress hydrique, situation de famine…, etc.

L’Organisation Écovert-Haïti, salue toutefois les COP sur la biodiversité qui devrait-être une coopération pour sauver la nature grandement affectée, mais à l’heure actuelle, mais on est déjà au 15e COP et la biodiversité mondiale continue à s’effondrer. Le moment est à l’action plutôt qu’au verbiage. Les COP ne serviront à rien si nous ne changeons pas nos modes de vie capitalistes qui provoquent de graves perturbations dans le climat, qui est à l’origine du changement climatique qui menace l’humanité.

Il devient une obligation de préserver la biodiversité, c’est l’arme la plus efficace pour contrer le dérèglement climatique, et maintient les services écosystémiques qui sont indispensables pour l’humanité.

L’Organisation Écovert-Haïti continue de croire que la seule façon pour arrêter la disparition des espèces animales et végétales à l’échelle planétaire est d’avoir un nouveau plan pour changer la gouvernance de la terre et les actions des hommes qui y vivent et la meilleure façon de préserver les écosystèmes du monde entier et de son monde vivant est d’arrêter le système capitalisme avec ses multinationales dévastatrices pour l’environnement et l’ensemble des ressources naturelles fondamentales et indispensables à la vie.

Que le Secrétaire général de l’ONU Monsieur Guterres et la diplomatie du climat aient le courage d’attraper le diable au cœur s’ils veulent réellement arrêter l’érosion de la biodiversité et le dérèglement climatique.

Anel DORLÉAN, Écologiste & Ing. en développement, Coordonnateur recherches Organisation Écovert-Haiti (+509) 4181-6168, ecoverthaiti02@gmail.com

ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)