
LE LANGAGE AIMANTÉ DE FRITZBERG DALÉUS
Fritzberg DALÉUS — Enfant du Vodou Éternel — se tient au croisement du visible et de l’invisible comme un scribe des forces occultes. Sa peinture n’est pas seulement image : c’est une radiographie de l’âme du monde — un relevé cartographique de ce qui se trame derrière l’actualité — là où se préparent les secousses de l’Histoire.
Chez lui — la toile devient miroir prophétique : chaque figure — chaque signe — chaque couleur est un signe avant-coureur — un fragment de futur déjà inscrit dans la matière.
Dans son œuvre prémonitoire réalisée en 1987, DALÉUS compose une scène qui — rétrospectivement — frappe par sa précision visionnaire. Le visage d’un artisan du malheur – qui s’apparente aujourd’hui à celui du président Donald Trump – y apparaît comme un masque d’époque : regard de mort posé sur le monde — figure d’un pouvoir calamiteux qui sème la catastrophe partout où résonne son nom. Au-dessus — à la lisière du réel — la tête du Lion de Juda se penche vers l’oreille gauche du dirigeant et semble y murmurer un décret infernal : libérer les monstres de l’Enfer — nettoyer la surface de la Terre de tous les vivants jugés dérangeants pour l’expansion d’un empire étoilé.
Dans ce langage aimanté, DALÉUS convoque la Magie Wanga — la puissance oraculaire du Vodou Éternel. Ses tableaux fonctionnent comme des talismans visuels — des cartes du Ciel ouvertes où s’inscrivent les prescriptions du destin collectif. Ils neutralisent les illusions d’imprévisibilité — dévoilent les lignes de force que nous refusons souvent de voir — trop occupés à nous perdre « dans les corridors de l’ailleurs ».
La peinture de Fritzberg DALÉUS nous rappelle que « nou wè Moun — nou pa rive konn Moun » — et nous invite à revenir au Grand Chemin : celui où l’art devient révélation — où le Vodou — loin du folklore — apparaît comme une science subtile du temps et de nos devenirs.
Fritzberg DALÉUS n’est pas seulement un peintre : il est un seuil.
Un passage entre les mondes.
Un témoin planté à la croisée des routes où se rencontrent les ancêtres — les mystères et les déflagrations de l’Histoire.
Fritzberg DALÉUS vient de ce pays où la terre parle encore : Haïti.
Pays de tambours et de cicatrices — de soleils fracassés et de nuits peuplées de voix.
Dans cette matrice — il ne naît pas comme un simple enfant : il naît comme « Enfant du Vodou Éternel ». C’est-à-dire :
- Enfant des forces invisibles
- Enfant des chemins nocturnes et des clairières de l’âme — Enfant mandaté pour voir avant les autres — comprendre ce qui s’annonce — ce qui couve dans le silence des jours ordinaires.
Chez lui, les loas ne sont pas des abstractions : ce sont des présences, — des compagnons — des interlocuteurs. Ils passent dans ses pinceaux — se glissent dans ses couleurs — se logent dans ses formes. DALÉUS ne peint pas pour décorer le monde. Il peint pour en déchiffrer le code secret, pour en révéler les plis cachés.
« Nou wè Moun — nou pa rive konn Moun. »
Nous voyons les gens — mais nous ne parvenons pas à les connaître.
Toute l’œuvre de Fritzberg DALÉUS répond à cet avertissement. Là où le regard ordinaire s’arrête à l’apparence — lui franchit la frontière. Sa toile est une radiographie morale — politique — spirituelle du temps. Il regarde un visage — une époque — une atmosphère et il en extrait la vérité enfouie – parfois belle — souvent terrible.
Son art est prémonitoire — non par hasard — mais par vocation.
En 1987 — alors que le nom de Donald Trump n’est encore — pour le monde — qu’un écho lointain de milliardaire flamboyant — DALÉUS — dans le silence de son atelier — peint une scène qui aujourd’hui nous frappe comme une révélation retardée : – Un visage d’homme — dur — arrogant — porté par un regard froid : ce visage — des décennies plus tard — ressemble étrangement à celui du futur président américain.
Autour de lui, une atmosphère de désordre — de menace — de chantage — de catastrophe rampante.
Au-dessus — ou tout près de son oreille gauche — la tête du Lion de Juda — symbole biblique — figure de royauté mystique — qui lui murmure une consigne ténébreuse : Libérer les monstres de l’Enfer — ouvrir les portes de la discorde — nettoyer la surface du monde de tous ceux qui dérangent l’expansion d’un empire aveugle.
Ce tableau — réalisé bien avant l’ère trumpienne — fonctionne comme une cassette prophétique.
DALÉUS y projette le film d’un futur qui n’existe pas encore — et pourtant déjà se prépare.
Ce n’est pas l’art soumis à l’actualité — c’est l’actualité qui — des années plus tard — vient se loger docilement dans une œuvre déjà accomplie.
On a parlé — pour qualifier cette puissance visionnaire — de « langage aimanté » de Fritzberg DALÉUS.
L’expression est juste.
Il y a — dans la trajectoire de DALÉUS — quelque chose d’éminemment épique.
Imaginez un homme — issu d’un peuple souvent caricaturé — méprisé — réduit à ses douleurs — qui se dresse pourtant comme un grand voyant du destin mondial.
Un Haïtien — enfant du Vodou des LAKOU — cartographe du futur — qui — dans un atelier modeste — peint le visage des puissants à venir — les convulsions d’empires — les surgissements de nouveaux Caligula de tous les temps.
Tandis que les grandes puissances se fient à leurs instituts de sondages — à leurs think tanks et à leurs ordinateurs surpuissants — Fritzberg DALÉUS — lui — consulte ses propres oracles : La rumeur des tambours — le passage des Loas — les messages codés de la nuit — la mémoire ancestrale qui ne se trompe jamais.
Son épopée n’est pas une succession de batailles armées — mais de batailles visionnaires.
À chaque toile — il affronte : La facilité de l’oubli — la tentation de l’aveuglement — la censure des rationalismes étroits.
Et il triomphe en laissant sur la toile non pas des réponses closes — mais des révélations ouvertes : des portes vers la compréhension.
À travers Fritzberg DALÉUS — le Vodou cesse d’être réduit à un folklore — à un exotisme de pacotille pour touristes avides d’images faciles.
Il apparaît dans sa dimension la plus haute : comme une science subtile du temps — une technologie spirituelle permettant de lire le présent comme une route tracée — et le futur comme une conséquence.
Il est difficile de savoir qui nous avons réellement en face de nous.
Souvent — nous vivons à côté des géants comme s’ils étaient de simples passants.
Nous les croisons — nous les saluons — nous les connaissons de vue – mais nous ne les connaissons pas vraiment.
Fritzberg DALÉUS fait partie de ces géants silencieux — de ces génies mystiques dont la grandeur ne s’impose pas par le vacarme — mais par la profondeur.
Il ne s’agit pas seulement de le célébrer comme peintre doué — mais de le reconnaître comme : veilleur de l’humanité — guetteur des failles du temps — messager prophétique chargé de nous avertir.
Et parmi ces rares yeux ouverts — il y a ceux de Fritzberg DALÉUS — fixés à jamais sur la toile — braqués vers nos lendemains.
Bibliographie
100 pensées, 2 fois – Exercice d’un libre penseur (Edition notre Savoir, philosophie) 2021, ISBN-10 : 62025454529, ISBN-13 : 978-6202545259.
(Les deux livres publiés dans plus d’une langue)
Profil
Diplômé en arts-plastiques (UQAM), et y a fait des études en Cinématographie et scénarisation ; Metteur en scène et producteur d’événements culturels et artistiques ; Auteur de plusieurs articles (journaux et réseaux sociaux) ; Intervenant communautaire, fondateur du CUMAJ et de Logis-Rap ; Ex-enseignant du français aux adultes.
- 5 mars 2026.
- Joseph Pierre Léonard
- Gangan Mesaje / ibo thérapeute
Note de l’édition
En consultant les archives de l’Observatoire du dies, le mois de février dernier, la note de service a poussé à une vérification avec l’auteur que nous cherchions. Il était question de savoir s’il n’avait pas d’autres publications depuis lors. Le livre ne nous était parvenu par le courrier de l’époque, la jaquette est donc restée aux archives sans suivi régulier, la Covid étant, tout était au ralenti. En virtuel même.
La surprise et ses effets, une nouvelle lecture de la thématique et du sujet Daléus, la communication rétablie, la compréhension n’était pas tout de go.
Après la conversation avec l’auteur, il a fallu trouver la ressource experte en la matière pour procéder.
IDC a demandé à ce grand interprète et connaisseur en la matière, ce collaborateur avisé qui a l’habitude de la nature de la vie de certaines voies mystérieuses, de nous donner lecture avant de procéder. Le même étonnement traversa plus d’un. JPL est a priori élu rédacteur.
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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)





