
Orgasme métissé
- Art pictural
- Par Milord-Albertini
Le Bénin, ses arts convoités réputés arts sauvages. Si je remonte au mémoire global déposé de Virginie Soulier (des arts «sauvages» aux arts extra occidentaux), en 2004 – publié par Réseau HEM Canada/Mtl – a-t-il touché sa cible ou s’est-il rapproché de ses objectifs quand le président Talon jure vouloir en faire son économie touristique sur cet axe ? Cela, est-ce à dire que le terroir est devenu une immense galerie d’art contemporain ouverte, et en même temps un majestueux musée d’art étalé puisque les arts du vaudou pleuvent dans tout et en tout, dans la culture nouvelle ?
Je compte près de douze ans depuis que Roch Alfred Kiki m’avait fait parvenir l’objet de ses recherches pour l’hebdomadaire Haïti-Observateur. D’où, orgasme métissé, tel était le titre de l’un des deux tableaux présentés ici. Le jeu figuratif limité à la formule des masques dominant des symboles qui rappellent de préférence les arts de l’Égypte de l’époque hiéroglyphe. L’artiste nous y conduit carrément vers un art décoratif à dessein, mais à l’intérieur de ce que je crois comprendre être l’art pour l’art. En travaillant des éléments de récupération, ce que j’ai observé à Cotonou en 2010, étant une forme de vie dans la cité où les éléments : couleur de la terre et du ciel, et de la mer, deux éléments incontournables au Bénin.
Je reviens aux «arts «sauvages» décrit de Virginie Soulier, avant de vibrer dans le pas de Temple, l’autre tableau. Je cite : «Est-ce qu’un autel sculpté dans une église est de l’art ? La question ne se pose même pas. L’autel sert de table pour le clerc. Un totem décrit la légende héraldique et animiste du clan. Les deux objets créaient une relation cosmogonique pour repousser le chaos. Quel est celui des deux le plus fonctionnel ? L’autel bien évidement. Or une œuvre artistique ne doit pas être fonctionnelle selon notre définition de l’art».
Qu’en est-il alors du droit aux objets sacrés dans une culture qui se définit son art ?
Temple
Le symbolisme est plus que présent, mais semble fait pour l’Occident plus qu’autre. De là, ma compréhension qui écarte les mots arts sauvages puisque c’était un jugement qui, malgré tout est rentré dans la commercialisation de l’espace proposé de Talon. Quelle autorité de Talon investirait un conservateur de musée du pouvoir juger pour écarter un acte d’un artiste appartenant à une communauté dite…, et qui répondrait à une demande de cette appartenance quand di Rafaelo, di Lodovico se voient de la Capella Sistina pour leur étude anatomique de la musculation romaine, des arts majeurs occidentaux qu’évoque Virginie Soulier dans son article ? Ce serait donc en peu de mot : dans le sens de nos intérêts, que Temple par exemple entre les mains de Valdieu ou de Curiel (Christie’s) vaudrait à ce titre, le poids de son art par le marché.
ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)




