
République Bar-bancourt bar-Barie
- par Dan Albertini
La note expose la méthode du scénario proposé, tiré du roman inédit: le titre.
Le roman est un rouleau par lequel passe nos émotions pour atteindre le lecteur, les générations, les sentiments.
Quand il est sociologique, c’est un rouleau qui compresse, qui comprime les victimes du temps.
Quand il est au féminin, il fait exception à la règle et se termine par ‘CE’, alors c’est un rouleau qui se déroule pour rendre la beauté.
Quand il est fiction, c’est un rouleau qui tourne si vite qu’il se projette par le trou du rouleau.
Quand il est historique, c’est un rouleau qui imprime le passé.
Quand il est policier c’est un rouleau qui tire, qui arrête, qui casse.
Quand il est d’amour c’est un rouleau qui se déroule pour décompresser les timides et les émotifs.
Scène de rue d’après-midi, le film commence.
Chaque vendredi soir à République Bar-bancourt c’était la fête au bar-Barie. Depuis plus de trente ans les mêmes revenaient. Différents visages! Jusqu’au samedi, tard après la tom
tombée de la nuit. Ils partiraient se reposer comme pour expier leurs fautes, communieraient en toute impunité le dimanche, aux yeux de tous.
Tout le monde se fatiguait d’eux. Ce 29 septembre ! Est-ce la dernière casse?
Comme prévue l’histoire commença à cinq heures dans l’après-midi. La rumeur l’avait prévu depuis trois heures.
LA RUMEUR
Vendredi 7 juin 1991, Roul quittait son QG pour se rendre à l’école de son fils. Le Champ de Mars était en branle. Le Président venait de recevoir toute la garnison dans ‘son palais’. Cius, un ancien militaire retraité se trouvait juste à mes côtés, comme par hasard. Nous étions à feux croisés, devant le musée du Panthéon National. On m’appelait Diaspo car je revenais de l’étranger. Les autres on les appelait ’pays’ car ils n’avaient jamais quitté.
D’ailleurs, c’est ce qui m’a valu la visite de ce musée où devrait se trouver une pièce du patrimoine national – la couronne de l’Empereur Faustin 1e.
Je sortais par la barrière d’où rentrait Cius, le gardien de nuit. Il arriva, cinq heures plus tôt ce jour-là. Cius avait rendez-vous, Roul changeait d’idée, j’attendais un taxi. A ce moment précis le hasard ou la providence voulu que je fusse le témoin d’une communication importante. Roul, dans sa Jeep verte, Pajero, fut interrompu dans sa trajectoire par une autre voiture. Un officier grassouillet mais très costaud descendit et lui cria en pleine face : « Ton devoir est d’empêcher une prise de contrôle de l’armée par un civil ». Sa bouteille de Bar-bancourt sous le bras il poursuivait son monologue : « De toute façon rendez-vous, bar-Barie! ».
J’avoue n’avoir rien compris sur le coup. Le visage de Cius s’illumina malgré l’inquiétude qu’il essaya de cacher. Une jeune fille en uniforme qui sortait probablement de l’école pénétrait dans la cour du musée. C’était le rendez-vous de Cius qui m’adressa allègrement la parole.
Vous, vous n’avez rien compris, vous êtes un ‘Diaspo’, ça c’est un coup d’État !
Instinctivement, je comp…
Si vous avez lu l’extrait, vous savez tout de la passation de pouvoir en Haïti.
Merci d’y croire !
ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)




