GRAND TITRE CHEZ ENTHOVEN

LITTÉRATURE INTERDITE par Dan Albertini

J’ai en littérature volé mon âme de peur que Dieu ne la croise. Du recel je l’ai cachée contenant de littérature interdite, l’ai perdue ne sachant où la retrouver. Si vous la croisez, ne me lisez point innocente-bonté c’est la gratification qui m’est hermétique. Suis naïf-coupable. J’ai publié le bon comme le mauvais coup parfois associés à une vision prémonitoire. Il s’avère aussi qu’en association d’idées, prend la forme d’analyse. Une fois de plus, de l’autre ce n’est ma poésie. Un beau-parent-juda embarrassé à mon avis, m’a promptement embrassé qu’il me croyait dû pour une distinction littéraire. Le rêve permis, j’aurais aimé mais je ne suis en liste. Je fais une chronique de l’observatoire où, personnage, rôle sont en rotation. Je me la fais de polémique de trippes, d’humour sarcastique, d’une intelligence de références. Si j’ai publié Culture d’Épilogue et Sociatrie Littéraire Haïtienne, cela est dû à Épilogue (Enthoven). Chronique qui embrasse aussi le lyrisme de Wyclef Jean dans « si wou té gen 24è tan pou viv ». Clef révise ce qui est à retenir, à exécuter en impératif : « Géra Duplessis… alo Farel », totonécésité. Voici dans ce contexte, Grand Titre Enthoven.

Si je soumettais Saisons de papier à Dr. Joël Des Rosiers pour une analyse bicéphale. Contexte. Sa Métaspora essai sur les patries intimes, qu’est-ce que cela augure ? Sur le lit du patient en psychiatrie, je ne dis canapé, le sujet dans l’ouvrage est indéfini en identité, multiple. Desrosiers n’est pas Psy mais Psy. Offrons-lui Dominique de Roux aimait la foudre ou Enthoven existe-il sans ses titres-personnages ? Extension, qui de nous Haïtiens serait comparé à de Roux. Ah, je ne raconte de contenu suis dans le contexte, il vous faut le lire. Faites-en l’effort on ne nous a en requiem. Illustrons !

L’entrée en matière est orageuse. Elle force un relief entre Enthoven, ses titres, ses personnages. Un intrus, ego et Dr. Des Rosiers. Autre intrus, l’Haïtien. Comprenons, Dominique de Roux est un personnage associé à « aime la foudre », devient un titre. Intégré dans l’ouvrage publié issu d’une flopée de chroniques libérales assemblées en recueil où il faut titiller l’essentiel, l’éditorial, le farfelu, l’amitié, le dramatique, la sensation, l’apostrophe, l’épitaphe, la critique, le dandysme-journalistique. Dandysme est d’ailleurs un titre appliqué qui n’est en requiem. Un ouvrage sans géométrie.

Autre analyse. Comprendre le Dandysme dans Saisons de papier c’est une obligation de relativité au préalable en société de constellation. L’effet se mesure dans la culture africaine large de ce qui était déjà sous sa forme tribale, la Sapologie. Exemple. Bamba Junior Bakary, grand initié de Thémis en droit international, dans Comme un papillon sur ton chemin, se résume en constellation. Je cite : « la société africaine des personnes élégantes, ou SAPE, est une mode vestimentaire populaire née après les indépendances africaines ». « Ce courant est dans la filiation du dandysme et ses adeptes, appelés les sapeurs, s’habillent ainsi chez les grands couturiers ». Plus loin, « Je ne les qualifierais donc pas de dandys ». Chez Enthoven Dandysmes est un chapitre, il rassemble vingt-six titres non corrélés avec les autres des autres chapitres. Dominique de Roux aimait la foudre est appliqué de préférence au chapitre Des grands vivants et non à Dandysmes. C’est donc là une digestion lente chez le lecteur comme chez l’observateur. L’on comprendra Bamba refusant au chapitre de la SAPE souligné le droit au Dandysme, sans prendre le temps d’analyser un sapeur ni ce qui est de la constellation des arts africains d’antan qui aurait exacerbé ce goût rapproché.

Revenons alors à cet Haïtien qui aurait cette courtoise foudroyante de Dominique de Roux. En quoi consiste ce besoin de comparaison, du point de vue littéraire ? Tout ce monde placé dans Métaspora, en quête de, ou affirmant ses patries intimes. Dr. Desrosiers observera-t-il Enthoven à travers de Roux dans la compréhension Bamba ?

Le seul homme qui à mon avis, parmi ceux que j’ai visité, pourrait répondre à ce paratonnerre de Dominique de Roux chez Enthoven, est Alphonse H Lahens. Le récit est ici fidèle aux causeries volontaires de petites histoires de familles dans un bassin de Cambria Height à Queens NY. Alphonse Lahens aurait pu être Alphonse Lahens le Noir tant il se réclamait noiriste de l’épiderme. Puis, par la voix de son fils ainé connu se distingua le prestigieux par la vertu de sa résistance au Président François Duvalier alors qu’il était Député. La version filiale diffère de peu de celle de sa mère, la première femme. Celle-ci raconta à Montréal à des amis du fils, qu’elle avoue ne pas comprendre pourquoi il se déchire tant pour un père qui ne lui accorde d’attention que dans le sens de ses intérêts et de ceux de son fils benjamin né d’une autre femme. La provocation était une profession de foi telle chez Lahens qu’il provoqua gratuitement sa progéniture. Cet homme prétendit une science-politique qui ne lui sied guère.

Sa prétendue appartenance lui aurait valu l’exil malgré tout, non pas la fonction gratifiante ni ministérielle. De l’exil il développa du donjuanisme autour de ce qu’il estima bon parti par les titres. Malheureux, il n’en trouva de dot ni de fortune. La causerie raconte une opération calculée qui fit de lui le rival de son espoir Luc Stephen, sénateur du même acabit. Alphonse Lahens poussa donc ce fils aîné à épouser la fille du sénateur démuni afin d’héberger son fils préféré dont il disait de lui : « mon avenir ». Les deux croyant épouser fortune de par la réputation de barons de province qu’ils se furent réclamés. Divorce dégouté, Lahens s’essaya avec la nièce d’un ancien préfet du Limbé, dont le frère fusillé parmi les officiers rebelles de François Duvalier. Comme on dit en américain, « the next door » du sénateur, où vivait la fille du dit-préfet. Amant de la foudre comme le paratonnerre, Lahens voulut démontrer la faiblesse du fils Duvalier en s’infiltrant à titre de prélat lors d’une Missa solemnis (office religieux officiel), à ses relations de Cambria-Height où il passait la sébile-du-révolutionnaire. La causerie prétendit l’avoir vue à la télé ou en photo mais il ne reste que Lahens n’a jamais su quitter sa trajectoire d’exilé pour Port-au-Prince qu’après la chute de la maison Duvalier. Du MNPH 1987, sa foudre est tombée sans atteindre le but, avec Face à Jean L Dominique et aux faux démocrates (Fardin-1988). Cette foudre finit par l’emporter, attaché comme un larcin, rescapé blessé d’un coup d’État manqué de son faux compagnon, le Dr. Roger Lafontant.

Lahens ne sut même pas récupérer ses dites-terres-fortunées d’un lieu de Cabaret, contrairement au grand Chambellan Luckner Cambronne dont la fille détourna l’abbé Dominique de son sacerdoce à la paroisse du Christ-Roi. Lahens demeura malgré lui un instigateur traître qui fera croître la popularité du curé de St. Jean-Bosco par son impuissance dans le réel. La foudre l’emporta ainsi. À sa mort, tragédie politique qui l’évacua à sa plus simple expression, ligoté blessé du Palais présidentiel, dans un hôpital militaire. On n’a pu lui chanter un Requiem pour Don Juan qui n’est dû qu’aux héros victorieux quand on est du chapitre Les grands vivants. J’illustre là !

De quelle petite patrie-intime de Métaspora qui lui confèrerait le statut de parenté-du-risque de Dominique de Roux de Saisons de papier, faisait partie Alphonse Lahens ? Des Rosiers grand-amant-de-la-France de l’ascendance colonialiste, éminent Dr. en psychiatrie et maitre linguiste et d’un panache de la rhétorique de la pensée, illustre polémiste associé élevé à un prestigieux prix littéraire, se doit d’observer ce besoin de grandeur de Lahens qui lui oblige l’analyse-sociatrie de de Roux qui aimait la foudre afin de nous livrer Enthoven dans son besoin de caricaturiste d’élite.

Jean-Paul Enthoven dans Saisons de papier est-il L’âme intranquille de Fernando Pessoa ou, Deux heures de clair-obscur avec Jorge Luis Borges, à sa façon de craindre la cécité. De quelle cécité alors ? D’être ce Malraux, épistolier farfelu ou Le futur sans avenir de Jacques Rigaut ? Il ne veut assurément être cet éberlué. En faisant appel vivement à Métaspora, je retrouve le profond paradoxe du personnage de Lahens en L’Homme qui ne s’aimait pas et, Henry-Frédérique Amiel ou le bonheur d’être. Différence prêt, Lahens trouva ce bonheur là où il ne fallait pas, au moment où il ne devait pas. Sa propre foudre l’emporta vers le requiem. C’est comme dans La prison juive de Jean Daniel, Lahens s’est enfermé dans un noirisme qu’il combat. Dr. Desrosiers admettra l’ascendance de Jean-Paul Enthoven a à jouer dans la complexité de sa plume tellement élégante que le coup de lasso claque comme un rire sonore cynique du bonheur mais dans Le club des longues moustaches.

Jean-Paul Enthoven tel un Scott le magnifique, qui joue au Roland Barthes et son vicomte de papier rêve peut-être dans sa patrie intime. Quelle est sa forme dans sa projection ? Le même sens vit peut-être dans M. Fumaroli aime Chateaubriand où serait la véritable passion de l’auteur saison après saisons sur le papier. Papier-dit demandé, commandé sur un dandy. Ce chapitre de Dandysmes révèle subtilement mais peut-être dans De l’inconscient d’être Cioran, un homme qui caresse un profond désir de pouvoir. D’une monarchie épurée, d’une République convoitée, d’une patrie intime indicible. Peu importe il faut conclure dans cette temporalité de la philosophie où Enthoven a réussi un exploit peu ordinaire qu’est Le livre multiple étudié par Adam Thirwell. Chaque chapitre est un livre, chaque livre est moule, chaque moule renferme une multitude de mots qui développent des idées pour un livre. La Collection Lagarde & Michard dans le XIXe siècle, tout au début, décrit un Chateaubriand qui va influencer les lettres, le roman, la littérature, la pensée, le temps, la politique. Le produit prend la forme de la révolte, de l’émotion, de l’engagement. Le journaliste Enthoven est-il cette grande interrogation soulevée comme réponse ?

Je crois qu’au fond, que Ce grand cimetière sous sa plume dans le chapitre Idées Idéologies est le feu sacré caché d’un Enthoven qu’on ignore. Cimetière duquel art il enterre vivant dans Jean-Jacques Schuhl, éminent snobnambule. Oui, parce que, éditeur avec Michel Omfray, pour mémoire qu’il tente de contenir en philosophe, il n’est critique littéraire ni écrivain mais éditeur. Un doute injustifié siège chez cet éditeur. La complémentarité de ce papier se retrouve par une curieuse coïncidence, dans une entrevue du journaliste québécois Stéphane Bureau, avec Michel Omfray, réalisée en France dans le bastion du dit-philosophe. Que cache-t-il comme Lahens, dans une autre patrie-intime, qui le sait ? Enthoven est-il cet assassin-du-médiocre qui a trouvé un terreau fertile chez l’élégance ? À la manière de Le Cardinal qui dorlotait l’amour ? Il faudrait, comme dans La résurrection de François-Régis Bastile, atteindre l’épilogue par la fin afin d’atteindre « les mémoires d’outre-tombe », non comme Chateaubriand mais de son vivant ! Saisons de papier est à mon avis, Les Mémoires d’outre-tombe. Lesquelles Mémoires qui contiendraient non des grands titres communs mais des Si vis pacem. La joie est une fleur fragile. La caverne de Flaubert, …et, sceptique il contemple son mausolée, La belle cruauté de la vilaine fille, Violet, du côté de Gomorrhe. Entroven publie autre chose in actual fact, il demeure journaliste. Saisons de papier est une mémoire et une bible pour journaliste.

lovinsky2008@gmail.com


www.lemonde.fr/archives/article/1980/08/23/haiti_2797724_1819218.html. LE MONDE 23.08.1980/00h00, mis à jour le 23.08.1980/00h00.

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