
Faubourg 36, un long métrage qui rendra jaloux Les Choristes
- Par Véronique Martel
[l’Observatoire SLRDC propose en cadence en relecture un sujet passé qui, à notre avis mérite la revisitation, effets inscrits dans le cas Faubourg-36. Voici Véronique Martel qui, à l’époque, une jeune étudiante à qui l’Observatoire a proposé le creuset de la narration à la suite de la perte au sein de l’équipe de R-HEM Global Canada, en l’occurrence Jacques N. Hilaire, le journaliste-écrivain, auteur de Le Cinéma comme moyen de culture. C’était son père. La plume]
Christophe Barratier nous a déjà offert Les Choristes, qui a connu un franc succès. Cette année, pour l’ouverture du 32e Festival des Films du Monde, Barratier nous fait cadeau de Faubourg 36.
Le film s’ouvre sur un gros plan du visage de l’acteur Gérald Jugnot, Germain Pigoil, qui semble aussi étonné que nous de le voir ainsi à l’écran, d’aussi près. Jugnot semble perplexe, nous aussi. Que se passe-t-il donc ? Une voix hors-champ demande noms, prénoms et adresse à notre protagoniste. On comprend qu’il est au poste de police, mais il ne semble pas dangereux, plutôt simple à vrai dire. D’ailleurs, un policier avance d’emblée « qu’il n’a pas l’air d’un tueur ». Cette remarque paraît subtile, mais prend tout son sens au courant du film.
[Si le temps a comblé l’espace, il fallait citer Junot, car l’affiche livre l’acteur].
L’amour certain de Barratier pour la musicalité de la vie se transmet une fois de plus dans Faubourg 36. L’action se situe dans un vieux cabaret français, dans les années 30. Au moment où la France rencontre le syndicalisme et une nouvelle façon d’appréhender le monde, le communisme, les employés d’un cabaret nommé le Chansonia sont mis à la porte. Que faire lorsqu’on ne peut même plus nourrir son enfant ?
Contrairement à ce qu’il pourrait annoncer, Faubourg 36 ne se veut pas triste, mais enthousiaste, rafraîchissant et porteur d’espoir. Les protagonistes sont colorés, parfois même caricaturaux.
[Véronique avait en elle le désir et le défi de reforger le cadre de son père, cette plume lue, de la Matrix]
Barratier a su déguiser la comédie musicale derrière ce prétexte de cabaret français pour qu’elle ne soit pas de mauvais goût. Il a réussi : le résultat est magnifique, très avenante et ouvert. L’action connaît plusieurs rebonds, et le dénouement est inattendu. Malgré l’histoire d’amour presque cliché entre Milou et Douce, Barratier ne tombe jamais dans le piège du cliché. C’est une revisitation, plutôt.
Christophe Barratier a du talent et sait mener sa troupe au succès. Faubourg 36, qui découvre cette charmante actrice qu’est Nora Arnezeder, connaîtra un aussi grand succès que Les Choristes. Cinéma/24-08-08
http://reseauhem-archives.xyz/cinema_faubourg_trente_six.htm
[C’était peu avant l’arrivée du 1e président (É.-U.) noir qu’a voulu voir J.N. Hilaire]
ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)




