Les territoires récupérés ne sont pas libérés des gangs armés…par Léo Joseph, Obs. H-O

LES CAPACITÉS FONCTIONNELLES DE LA PNH ENCORE RENFORCÉES

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  • Les territoires récupérés ne sont pas libérés des gangs armés…
  • par Léo Joseph ; (Observatoire H-O, 18 fév. 2026. New-York NY)

Il semble que la communauté internationale veuille justifier son choix pour mener la transition, en la personne d’Alix Didier Fils-Aimé, en renforçant les capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti (PNH), par l’augmentation de ses ressources matérielles. Si tel est le motif des dernières livraisons de véhicules blindés effectuées en faveur de l’institution policière, il faut s’attendre à des délivrances d’autres natures. Bien que les livraisons successives de blindés antérieurement effectuées n’aient pas apporté les résultats escomptés, les forces de l’ordre haïtiennes n’ayant pas fait un usage objectif des véhicules mis à leur disposition.

En effet, une nouvelle fournée de blindés vient d’être délivrée à la Police haïtienne, don du gouvernement canadien, par l’entremise de l’ambassade du Canada, en Haïti. Le lundi 16 février, lors d’une cérémonie spéciale, le chef de la diplomatie canadienne, André François Giroux, a remis ce don, en présence de dirigeants haïtiens, également présents à la cérémonie. La cérémonie de remise des dix véhicules blindés s’était déroulée, au local de la Direction centrale de la Police Nationale, à Clercine, avec le diplomate canadien, en présence du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, le directeur général a. i. de la PNH, André Jonas Paraison, ainsi que d’autres cadres de l’institution.

Dans son intervention, Gary Desrosiers, porte-parole de l’institution, a souligné que ce don entre dans le cadre de l’« action stratégique du gouvernement canadien visant le renforcement de la capacité stratégique et puissance d’action des forces de l’ordre dans la lutte contre les groupes armés ».

Pour sa part, M. Giraud a souligné que ce geste souligne la volonté de son pays de supporter l’effort en matière de sécurité du Canada, aux autorités haïtiennes, notamment dans la reprise des quartiers tombés sous le contrôle des gangs.

Ce thème ne cessait d’être martelé, de manière récurrente, par les dirigeants intérimaires, les semaines qui ont précédé la fin du mandat du Conseil présidentiel intérimaire, le 7 février 2026, surtout à l’occasion des interventions dites « musclées » de la PNH contre les gangs armés. Sous la rubrique des « bilans » des attaques dirigées sur les malfrats présentés par le porte-parole de l’institution, est régulièrement fait état des pertes infligées aux criminels, en l’occurrence le nombre d’hommes armés tués ainsi que les blessés.

Ces récits faits par la PNH ne convainquent pas grand monde, car en déficit de crédibilité. Puisque, jamais dans l’histoire relative aux échauffourées des forces de l’ordre avec les gangs armés, racontée par l’institution, les arguments ne convainquent pas grand monde. Aussi, d’un communiqué de presse à l’autre émané du porte-parole de la PNH le format reste inchangé : De nombreux membres des gangs tués, en sus des blessés. Mais aucun souci de rendre ces rapports crédibles, en identifiant les victimes ou en relevant la liste des blessés acheminés à l’hôpital.

Il faut noter aussi qu’au rythme des « massacres » occasionnés dans les rangs des criminels armés, lors des « vigoureuses interventions » des forces de l’ordre, dans les fiefs des malfrats, l’effectif des hommes envoyés ad patres devrait suggérer que l’effectif des hommes armés illégalement diminue à un point tel que ces attaques récurrentes de la PNH mettent en péril la stabilité démographique de cette catégorie. Cette tendance persistante des rapports de l’institution devrait, dans la logique des choses, entraîner le dépeuplement irréversible des gangs armés. Or, en dépit des « opérations musclées » contre les bastions des gangs annoncées par la PNH, les malfrats ne baissent pas les bras.

Les territoires dits « récupérés » toujours contrôlés par les gangs

Le message répété sans cesse par le porte-parole de la PNH, faisant croire que les attaques des forces de l’ordre dirigées contre les bandits se soldent par la reprise des « territoires perdus », n’exprime pas la réalité du terrain. Car les communautés évoluant sous l’emprise des bandits ne sont toujours pas libres de leurs mouvements, en dépit des dégâts prétendument infligés sur les bandits, tels qu’annoncés par la PNH. Puisque, quand bien même ces derniers auraient été temporairement chassés, ils ne sont pas privés de leurs capacités de relancer d’autres attaques meurtrières. À cet égard, on peut prendre la commune de Kenscoff, dans les hauteurs de Pétion-Ville, une cible régulière des criminels, des bandits liés au groupe « Viv Ansanm » dirigé par Jimmy Chérizier, alias Barbecue.

En effet,…

Cet article signé de Léo Joseph est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur (NY) de New York, notre partenaire média. Il est situé sur le cadran diplomatique et de la coopération externe des deux pays impliqués dans le titre. Cadre parfait évoqué par le Marché des influences, chronique pleine de sens dans les relations qui présentent le Canada comme partenaire onusien dans le bassin des Caraïbes, vu de la présence à même la CDB et l’IADB.

Nous ne voulons pas rentrer dans la dynamique d’expliquer l’explication. Le titre dit tout, d’ailleurs. La question de Léo est lancée sur le tarmac diplomatique des RI.

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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)