Dans les Champs d’Haïti, poème de Seymour Pradel (In memoriam)

Dans les Champs d’Haïti

Demi-Teintes

Seymour Pradel / mercredi 27 mars 2025

Veux-tu que nous parlions d’amour près du rosier,

Près du, rosier en fleurs dont palpitent les branches?

Il nage dans l’air calme et dans le ciel léger

Des parfums très subtils et des lueurs très blanches …

 

Le vent tiède du soir caresse des pervenches;

Un peu de volupté tombe d’un oranger;

Des oiseaux amoureux s’endorment sur les blanches;

Veux-tu que nous parlions d’amour près du rosier?

 

Veux-tu que près de toi mon Rêve se repose?

Abandonne ta main dans ma main doucement;

Savourons la douceur tendre de l’heure rose;

 

Emplissons-nous le cœur de son enchantement;

Entends passer le vol de mon désir qui n’ose;

Veux-tu le retenir dans un geste charmant?

 

II

Ta main ne fera pas le geste que j’espère;

Je ne te dirai pas le mot grave et profond ...

Je te parais lointain; je te vois étrangère:

A notre insu, pourtant, notre âme se confond ….

 

Nous gardons un secret dont tous deux nous souffrons;

Nous avons entre nous un douloureux mystère:

L’aile d’or de l’amour nous effleure le front;

Nous craignons de parler et nous n’osons nous taire.

 

Tu n’oses, dans un cri, me dévoiler ton cœur;

.Je crains d’effaroucher ta pudeur virginale

Par des mots de tendresse ardente et de douceur.

 

L’aveu passe et frémit dans le soir clair et pâle;

Sur nos lèvres, il flotte, hésite et puis se meurt,

Et nous ne nous disons que des choses banales ...

 

III

Je ne m’enivre plus du parfum de ta chair,

De ton corps jeune et souple et de ta chevelure;

P18

ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)