LITTÉRATURE  BIGARRÉE Patrick Charles Poète Pragmatique Professeur (PoPraPro)

LITTÉRATURE  BIGARRÉE

  • Patrick Charles Poète Pragmatique Professeur (PoPraPro)
  • Une façon de saluer le Mois de l’Histoire des Noirs avec la poésie revalorisée.

Plusieurs titres maintenant, dont le dernier : Une saison à ccueillir l’amour, son vrai standard, formule de moins de cent pages [attention, malgré le coût des cent pages], (chez Essor Livres Éditeur – 2025). Il est le professeur de langue, la pragmatique qui mesure sa retenue pour ne pas foncer dans le roman, sans la préparation idéale atteinte. Il connaît le marché puisqu’il l’étudie à ce jour, encore et sans empressement. C’est donc à ce jour par la poésie que Patrick Charles livre plusieurs lectures sociales sans quitter la philosophie dans la cité. Il y est à domicile d’ailleurs. S’il faut décrire son trajet comme sa trajectoire, il traverse les rives par le sens inversé sans se perdre en chemin. Il va au bout de la cité pour y revenir vers le point de départ, et changer de rive. Bien heureux, paraît-il, de ne pas revivre le syndrome insulaire de naissance, ni la nostalgie du dépaysé. Si l’œil est la plume de la mémoire, l’ouïe est sans conteste le sens accompagnateur. C’est dans ce décor qu’il forge sa poésie, et nous livre ses recueils, telle la cuvée préparée à l’effet.

La question se posait au début, mais l’œuvre qui se forge y a répondu. Le poète a ses titres choisis à l’aune de ses jours étalés d’écriture. Laquelle écriture se taille dans la littérature structurée d’abord, dans l’étude des mots pour consolider ses phrases par la vie réelle, comme il le fait d’ailleurs dans La cacophonie de l’absence (2024), la  grande thérapie paraît-il, d’après sa quatrième de couverture. Citons : « …est une œuvre à très forte saveur lyrique. Elle est en effet l’expression crue des sentiments profonds qui ont agité les eaux intérieures du poète et des moments particuliers de son voyage existentiel ». Il les expurge sans alinéa par : « les notes de l’inexistence », p.57, 9e ligne de ce recueil. Donc, tissé serré dans le recueil philosophique.

Juste avant d’entrer dans le vif du sujet qu’est le dernier titre, revenons à L’encre de la nuit, c’est un retour sérieux, non pas un oubli du passé récupéré, mais un mot qui a semble-t-il défini la psyché dans l’écriture de l’auteur. Polysémique, vous le trouvez en 4e de couverture de ce recueil. Le lecteur comme l’amateur de poésie, ont besoin d’embrasser la cosmogonie autant vive que la cosmographie de la pensée de Patrick Charles. Elles ne restent pas figées dans des vers qui semblent proposer cette voie à sens unique, c’est le grand boulevard avec oh, combien de croisées : quatre chemins.

Il nous est fort aise de pénétrer à ce stade le vif du cas, Une saison à cueillir l’amour. Le poète s’accorde la liberté, il se donne à cœur joie, désobéit aux règles, celle de la retenue surtout. Rêve-t-il cependant ?

Écoutons-nous lire ses vers inscrits à la page 34 :

«La lune est à mi-chemin

De son itinéraire où sous peu

Elle fera écran au soleil

La nuit habillera le jour

De son beau costume noir

Les yeux vêtus de contemplation

Je vois l’astre nocturne

Qui s’arrête à ta demeure,

Entre dans l’intimité de ta chambre

Et s’allonge dans ton lit

Sublime dans sa nature

Sans coiffure sans maquillage

Sa chevelure pose ses lèvres noires

Sur ton bel oreiller

Je dévore des yeux sa silhouette

Mais tout à coup je me réveille

Te voilà étendu sur le dos

Arborant un sourire lumineux

Tu me fixes du regard

C’est alors que mon engin  atterrit

Sur la piste de la réalité

Je comprends alors que j’étais plongé

Dans un rêve fabuleux» 

La question à savoir si Patrick Charles a sombré dans un rêve, dans son rêve, est plus légitime, qu’hypothétique. Hypothèse alors, le poète est-il en train de livrer quelque chose d’autre, mais dans une de ces croisées à quatre chemins du grand boulevard, aussi ?

Nous sommes au rendez-vous de ce grand boulevard, page 49 du même recueil :

«Tes beaux seins arrondis

Remplissant à peine

Les paumes de mes mains

Ont l’allure de deux pommes

Que je croquerais volontiers

À belles dents

Comme tes pommes

Sont encore plus tentantes

Que celles de l’Eden

Je briserais tout interdit

Tes deux beaux seins debout

S’asseyent pourtant bien

Sur ton corps svelte».

Cette révélation, nous évitons de l’expliquer, elle vit dans la continuité de la page 34, où le poète a forcé son rêve tissé dans notre lecture assidue.

P21

ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)