AUTOMNE 2023, RENTRÉE SCOLAIRE SOUS FOND DE GROGNE

AUTOMNE 2023, RENTRÉE SCOLAIRE SOUS FOND DE GROGNE

IDC a reçu ce texte envoyé dans un souci diplomatique par le collectif d’auteurs gardés confidentiels. Nous appelons le premier auteur: ‘A’. Le contexte est situé au Québec, et fait partie d’une série qui touche la nature et les conditions dans lesquelles évoluent acteurs, bénéficiaires, administrateurs, tous gérés par le politicien. Le prochain est ‘B’.

La rhétorique, l’art du bien parler, a déjà permis d’éviter bien des guerres. Tout péché contre cet art consiste à attiser cette colère latente qui n’attendait qu’une étincelle pour embraser les réseaux et faire ressortir du placard des émotions enfouies remplies de dégoût contre la pratique du plus beau métier du monde qu’est l’enseignement.

Heureusement que la rhétorique s’apprend, pour ce faire, on a besoin d’une professionnelle qui se fait appeler enseignante parce qu’elle enseigne, ce qui la rend essentielle, incontournable, inestimable, indispensable pour le maintien d’une société en équilibre. Tous, incluant : enfant du politicien, du riche, de la vedette, du pilote…, etc.

Pour le peu qu’on s’intéresse à la question, l’on constate que les enseignants sont légitimement en colère, les parents sont inquiets alors que des enfants se réjouissent de ne pas aller à l’école, faute de profs. « As-tu entendu la nouvelle? Il n’y en a pas pour notre classe, cela va être le fun avec un remplaçant, un adulte a-t-il dit ».

Mais où sont les profs?

Ils sont là, au front, chaque jour pour livrer le combat de leur vie, contre l’incurie, contre le désordre.

Ils sont là, agressés par de mauvais traitements qui minent leur confiance en soi.

Ils sont là, épuisés par le poids de la tâche, impuissants face aux difficultés croissantes, nées de calculs politiques de politiciens.

Ils ne sont pas tous là, car certains ont déserté le champ de bataille; tombés au combat, ils n’ont pas été soutenus par leur général et la position qu’ils occupaient est livrée à l’ennemi (oisiveté, ignorance, flâne…, etc.).

Le remplaçant

Il intervient pour prêter main-forte, pour éviter que l’édifice social ne s’effondre, et ne soit confondu absolument. Animé de bonne volonté, mais sans qualification légale, il est tiraillé de part et d’autre, par un système qui le fait asseoir sur la chaise éjectable jouant de sa vie comme d’un yoyo, par des collègues qui sentent leur diplôme dévalorisé, qui ne manquent pas de l’exprimer par un regard et un silence éloquent. Par des parents qui n’ont pas confiance, et finalement des enfants, plus malins que l’on pense, qui le mettent au défi à tous les instants du temps d’engagement comme non-engagé.

La solution

Alors même qu’on mettrait fin aux négociations en répondant à toutes les demandes des enseignants/es, le problème ne serait pas résolu. Il y a un manque criant de jeunes prêts à prendre la relève depuis que l’amour a desservi la profession. Ils roulent ailleurs.

Des concessions s’imposent

L’élaboration d’un plan quinquennal basé sur la reconnaissance, la bonification, l’accessibilité à la profession pour maintenir et attirer les enseignants de vocation, des excuses publiques aux sensibilités heurtées, la qualification des remplaçants ayant étudié à l’étranger possédant le bagage, l’ancienneté, et, qui font le travail depuis tant d’années, pourraient aider à calmer les ardeurs, à redonner confiance à la société, dans cette artère vitale du corps social.

Les considérations exprimées dans un langage diplomatique sans agression sont nobles, limpides. Considérons en outre, si cette clientèle se mettait à faire de la politique active comme tout citoyen, comme l’avaient fait les médecins pour aller garnir le portefeuille des pairs. Quand le politicien se trouve toute raison de s’offrir des cadeaux, des primes, des retraites dorées, la limousine si ministre, c’est inviter la vocation enseignante aussi…!

 

ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)