LES FILLES DU NIL – de Nada Riyadh & Ayman El Amir

LES FILLES DU NIL – de Nada Riyadh & Ayman El Amir

Défense d’entrer, c’est ici la thématique vue du documentaire, du regard fixé au délai après sa sélection à Cannes, la notion de défense comme celle d’entrer sont en fonction de celui qui le dit sous l’épithète de la critique, carrément relative. En fait, les filles sont toujours la victime dans le film puisque le panorama vise à prendre leur place pour les défendre. Ou, de le leur défendre, même quand le couple Riyadh-Amir forme l’œil de la caméra. Ici, nos yeux sont rivés sur l’écran. C’est la soumission envers deux antagonistes. Qui sont-elles dans leur Nil, si elles en font le vrai choix ?

Cannes fera la sélection en fonction d’une attente, et non, de la liberté de l’autre. Ici,  on chante en psaumes les droits de la femme à Montréal, mais le pas du Québec sur Covid-19 propose (Pub) que l’homme traite la fille de «maudite boquée», et qu’il faille le signaler. C’est le viol collectif, au confessionnal, en assemblée, au parlement, en prison, à la télé, et cela porte un nom même en imaginaire. Des cas de dénonciation. Exemple : celui de l’auteure R Martel trouve son éloquence dans le silence complice de famille. Et, du fait qu’elle ait été se faire une autre vie dans un autre pays qui renferme aussi cette notion de défense d’entrer par l’Islam.

Il est un fait avéré dans le traitement du documentaire primé à Cannes. Dès le début, le sexe est l’obsession comme de l’interdit. Le voile, la burka, la robe longue comme la bonne sœur chez qui devenue courte. C’est le sexe qui est avec cette obsession, mis dans un conflit avec la défense d’entrer. Il suffit d’une boutique à linge féminin pour attirer les regards de ce costume occidental, européen, et vouloir en faire des folies pour le plaisir de la déshabiller. Soit des yeux, soit des mains. Là, personne n’est nécessairement témoin, mais tous jugent au prorata de sa propre libido.

En revenant sur Les Filles du Nil un temps plus tard, après Cannes, cela invite, non pas pour tous, mais le cinéphile. Réaliser que sans la dentelle, ou tout ce qui propose le sexe – à dévoiler. C’est un sujet interdit au temple du juge, dans la cour au tribunal, à Montréal par exemple. Dans ce film par contre, la femme en noir complètement voilée dévoile des seins sensuels. Que dirait le juge dans sa permissivité ou dans sa naïveté, dans la culture des autres. Il n’acceptera pas le fait accompli sous sa gouverne, un sous-vêtement vu comme des seins nus pour troubler cet ordre légal et public. Mieux, avec un regard un peu vicieux dévoilé avec ce léger sourire. N’est-ce pas là que le juge X a dit que la loi c’est comme la F elle est v.

Cannes aura bien de choses à démontrer depuis ce Salon Kitty de l’époque nazi avant de nominer à la manière de. En effet, cette robe islamiste de pays chaud a tout aussi bien à voir avec la chaleur, que la soutane du prêtre ou celle du pape, n’en a rien à voir avec le fait de cette culture qui habillait la bonne sœur comme la Ma-mère sur qui l’on retient la main, nonobstant la permissivité au couvent comme au séminaire.

Les Filles du Nil à Cannes, c’est tout aussi des Arts, que de la Politique. Confort pour se le dire à sa façon. Un principe est un principe, et le voile est un camouflage en fonction de, que l’on transforme à souhait, certes. Le camouflage sous la mousseline comme sous le treillis militaire en période de paix, que dire de la police dans la ville, c’est du camouflage. Mal vu avec la haute technologie dans laquelle on a investi pour la sécurité. On scanne le visage au même titre que le cœur, ou le poumon. C’est un prétexte. De ce fait, la caméra du Nil peut-elle voir le portrait de filles violées par des femmes, à Cannes ?

Les filles du Nil. C’est-à-dire, le film à Cannes, n’a pas ce rapport neutre sur l’effet culturel de ce pays du Nil. Il a choisi comme le pays de Cannes a choisi.

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ID Canada / ISSN 2563-818X (En ligne) – ISSN 2563-8181 (Imprimé)